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Burundi : le CNDD-FDD au pouvoir accuse la Belgique d'armer l'opposition


Le président burundais Nkurunziza attend de pouvoir voter à Ngozi, le 21 juillet 2015. (AP Photo/Berthier Mugiraneza)

Le président burundais Nkurunziza attend de pouvoir voter à Ngozi, le 21 juillet 2015. (AP Photo/Berthier Mugiraneza)

Le parti au pouvoir a estimé mercredi que l'ancienne puissance coloniale visait à "recoloniser" le Burundi en armant les opposants. Le CNDD-FDD a répété qu'il ne prévoyait pas de génocide.

Le président du CNDD-FDD, parti au pouvoir au Burundi, s'en est pris violemment mercredi 11 novembre à la Belgique, ancienne puissance coloniale. Dans un communiqué, il l'a accusée "d'armer" l'opposition dans l'objectif de "recoloniser" ce petit pays des Grands Lacs, plongé depuis six mois dans une crise politique.

"Les lobbies belges et leurs réseaux de l'UE (...) lancent des déclarations apocalyptiques" concernant "un génocide" au Burundi "dans le seul but de protéger une nébuleuse politicienne que le colonisateur belge finance et arme dans ce petit pays (...) afin de le détruire", a-t-il affirmé.

"Cette démarche n'est (rien) d'autre que la recolonisation du Burundi et de son peuple", a-t-il insisté.

Ex-rébellion hutu durant la guerre civile (1993-2006), le CNDD-FDD du président Pierre Nkurunziza s'en prend régulièrement à la Belgique, qui héberge de nombreux opposants burundais en exil et a suspendu son aide depuis le début de la crise, née de la volonté du chef de l'État de briguer un 3e mandat, qui selon ses adversaires viole la Constitution et l'Accord d'Arusha ayant permis la fin de la guerre civile.

"Remettre les armes détenues illégalement"

Au lieu de "crier au génocide", la Belgique devrait "encourager" les populations des quartiers contestataires à "remettre les armes détenues illégalement" à la police, qui y a entamé dimanche une opération de fouille et de désarmement.

"Le CNDD-FDD n'a jamais préparé et ne préparera jamais un génocide", a juré M. Nyabenda, également président de l'Assemblée nationale.​

Fin octobre, il s'en était déjà pris aussi violemment à l'Union européenne (UE) et à l'Union africaine (UA), les accusant de chercher "à détruire le pays", en poussant le pouvoir à dialoguer avec des opposants en exil, qualifiés de "putschistes" par le camp présidentiel.

La communauté internationale redoute des violences à grande échelle au Burundi, certains durs du pouvoir burundais ayant récemment multiplié les propos incendiaires aux connotations ethniques, dans un pays à l'histoire post-coloniale jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi.

Avec AFP

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