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Boudée par l'opposition, la médiation veut rencontrer les absents d'Arusha


Tensions politique au Burundi

Tensions politique au Burundi

Le facilitateur dans le conflit burundais souhaite rencontrer au cours des deux prochaines semaines les protagonistes absents de la session de relance du dialogue interburundais, boudée par l'opposition, qui s'est terminée mardi, a-t-il assuré à Arusha, en Tanzanie.

L'ancien président tanzanien Benjamin Mpaka, le facilitateur, a effectué une allusion à peine voilée aux partis du Cnared, une plateforme qui regroupe la quasi-totalité de l'opposition burundaise et avec qui le gouvernement ne souhaite pas discuter.

Le Cnared, mécontent que ses membres aient été invités à titre individuel et non en tant qu'organisation, avait appelé ces derniers à boycotter les pourparlers de paix à Arusha.

"Dans les deux prochaines semaines, je vais poursuivre et achever les consultations avec ceux qui ne sont pas venus participer à cette session, mais dont je pense qu'ils pourraient contribuer positivement à ce processus", a déclaré l'ancien président tanzanien lors de la cérémonie de clôture de cette session de quatre jours.

Il a également promis de consulter le médiateur principal dans cette crise, le président ougandais Yoweri Museveni, "afin de déterminer la voie à suivre", et compte "éventuellement convoquer une session de dialogue au cours de la troisième semaine de juin".

A Arusha, M. Mpaka a écouté tour à tour des représentants du gouvernement, du parti au pouvoir et de ses alliés, ainsi que des représentants de la société civile burundaise. Quelques rares membres de l'opposition sont en outre finalement apparus à Arusha au fil des jours.

M. Mpaka a salué un "haut degré de civilité, de patriotisme et un grand désir d'appropriation du dialogue" de la part des participants aux pourparlers.

Selon plusieurs participants, l'ancien président tanzanien a expliqué que cette première série de rencontres devait lui permettre de "comprendre le noeud de la crise" et de mettre sur pied "le calendrier des prochains rendez-vous, la liste des participants et les points à discuter".

Sur VOA Afrique, Frédéric Bamvuginyumvira, vice-président du FRODEBU (Front Démocratique au Burundi), a déclaré que "l'urgence" s'impose pour finir les négociations rapidement, car dit-il, le pays fait sa "descente aux enfers".

Le Burundi a plongé dans une grave crise émaillée de violences lorsque le président Pierre Nkurunziza a annoncé sa candidature en avril 2015 pour un troisième mandat, avant d'être réélu en juillet.

Ces violences ont déjà fait plus de 500 morts depuis le début de la crise, et le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés estime désormais à plus de 270.000 le nombre de Burundais qui ont fui leur pays.


Avec AFP

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