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Burundi : Ban Ki-moon propose trois options, dont une opération de maintien de la paix


Ban Ki-moon

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Le secrétaire général de l'ONU a proposé au Conseil de sécurité trois "options" pour régler la crise au Burundi, dont l'envoi de Casques bleus dans le cadre d'une opération de maintien de la paix.

Dans une lettre, M. Ban "recommande" cependant au Conseil d'adopter pour l'instant "l'option trois", c'est-à-dire l'envoi à Bujumbura d'une simple "équipe de soutien" chargée de promouvoir un dialogue politique entre pouvoir et opposition.

Le Burundi est plongé depuis fin avril dans une grave crise politique dont la communauté internationale craint qu'elle ne débouche sur des massacres de grande ampleur.

Dans une résolution adoptée le 12 novembre, le Conseil avait appelé à renforcer la présence de l'ONU dans le pays, y compris si nécessaire en déployant des Casques bleus. Mais il avait laissé à M. Ban le soin de présenter les "options" envisagées.

Dans sa lettre, le secrétaire général souligne qu'"étant donné les réalités politiques existantes et les conditions de sécurité sur le terrain", la seule option réaliste pour le moment est une mission politique.

Il recommande cependant au Conseil de "réviser le mandat de la présence de l'ONU (au Burundi) en fonction de l'évolution de la situation", ce qui laisse ouverte la possibilité d'une véritable mission de maintien de la paix si la crise devait déraper.

Cependant, pour pouvoir envoyer des Casques bleus, il faudrait l'accord de Bujumbura ou l'adoption d'une autre résolution contraignante du Conseil.

L'équipe de l'ONU devra "travailler avec le gouvernement burundais et les autres protagonistes pour soutenir un processus de dialogue politique crédible" et "conseiller" Bujumbura sur la sécurité et les droits de l'homme, souligne M. Ban dans sa lettre.

L'émissaire de l'ONU pour le Burundi Jamal Benomar a précisé à la presse que l'équipe de l'ONU devrait se rendre sur place "bientôt".

Il a aussi indiqué que les ambassadeurs des pays membres du Conseil, qui ont tenu des consultations à huis clos lundi sur le Burundi, envisageaient de se rendre en visite à Bujumbura. "C'est en discussion entre les membres du Conseil", a-t-il déclaré.

L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a souligné que le Conseil, qu'il préside en novembre, était "d'ores et déjà d'accord" pour une mission politique de soutien, qui est pour lui "un minimum".

Le Conseil verra "dans les jours et les semaines qui viennent" s'il faut aller plus loin, a-t-il ajouté.

Quant à une visite du Conseil à Bujumbura, il y a, a-t-il indiqué, "un accord sur la nécessité d'une telle visite mais pas encore de date".

La troisième option évoquée par M. Ban serait de déployer au Burundi "une mission politique spéciale en bonne et due forme".

La mission politique que l'ONU maintenait au Burundi a quitté le pays en décembre 2014 à la demande pressante du gouvernement. Des observateurs de l'ONU chargés de surveiller les dernières élections ont eux aussi terminé leur tâche et rentreront fin décembre.

M. Ban a souligné dans sa lettre que la situation s'était dégradée et que le Burundi, à peine sorti d'une longue guerre civile, "est au bord d'un autre conflit armé (...) qui aurait des effets désastreux sur une région déjà fragile".

Avec AFP

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