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Burundi : 34 policiers tués et près de 300 blessés depuis le début de la crise


Pierre Nkurunziza prête serment le 20 août 2015. (AP Photo/Gildas Ngingo)

Pierre Nkurunziza prête serment le 20 août 2015. (AP Photo/Gildas Ngingo)

Le ministère de la Sécurité publique compté le nombre de policiers tués et blessés depuis fin avril au Burundi. Toutefois, aucun bilan du côté des manifestants ou "insurgés" n'est mentionné.

Au moins 34 policiers ont été tués et environ 300 blessés depuis le début, fin avril, du mouvement de contestation d'un 3e mandat du président burundais Pierre Nkurunziza, indique le ministre de la Sécurité publique, dans un document officiel consulté mardi par l'AFP.

"Le 'mouvement insurrectionnel' a causé des pertes importantes de tous côtés, et du côté police 34 policers ont été tués par les insurgés et 293 ont été blessés, dont huit présentent des handicaps" à vie, explique le ministre Alain-Guillaume Bunyoni dans le bilan annuel des activités de son ministère.

Aucun bilan au sein des autres forces de sécurité - service national du renseignement (SNR, rattaché à la présidence) ou armée - ou des contestataires, manifestants ou "insurgés", n'est mentionné. La seule mention du nombre de victimes policières vise "à mettre en lumière les pertes de la police, dont on ne parle jamais", a expliqué le service de communication de la police à l'AFP.

La crise émaillée de violences, déclenchée fin avril par la candidature du président Nkurunziza à un 3e mandat - contraire selon les contestataires à la Constitution et l'accord d'Arusha ayant permis de mettre fin à la longue guerre civile (1993-2006) - a déjà fait au moins 250 morts selon l'ONU et plus de 200.000 déplacés.

Dans ce document, M. Bunyoni estime que, tout au long de la crise, la police a géré la situation avec beaucoup "de professionalisme, de loyauté et d'abnégation".

Un constat inverse à celui de nombreuses ONG de défense des droits de l'Homme, locales et internationales, qui ont accusé les forces de sécurité d'usage disproportionné de la force, d'arrestations arbitaires, de torture, ainsi que d'exécutions extrajudiciaires.

La police a notamment sévèrement réprimé, parfois à balles réelles, les manifestations contre la candidature de M. Nkurunziza, quasi-quotidiennes durant six semaines à Bujumbura malgré leur interdiction par les autorités.

L'étouffement des manifestations et l'échec d'un coup d'Etat militaire n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées. Les affrontements armés entre policiers et insurgés sont désormais quasi quotidiens à Bujumbura.

Washington a imposé le 23 novembre des sanctions contre M. Bunyoni, estimant que "la police avait mené sous son autorité des opérations (...) pour intimider et réduire au silence ceux qui s'opposent au gouvernement", ainsi que contre le directeur général adjoint de la police, Godefroid Bizimana, accusé d'"usage disproportionné de la force" et d'"actes de répression violente" contre des manifestants pacifiques.

"Ces sanctions sont une supercherie (...) Je m'en moque éperdument", a réagi lundi le général Bunyoni. Deux militaires putschistes - l'un en fuite, l'autre incarcéré - sont aussi visés par les sanctions américaines.

AFP

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