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Burkina : Zida accuse les grévistes de vouloir instaurer un "climat d'anarchie"


Yacouba Isaac Zida devenu Premier ministre, 23 novembre 2014.

Yacouba Isaac Zida devenu Premier ministre, 23 novembre 2014.

Le Premier ministre tempête contre les grévistes impliqués dans les nombreux mouvements sociaux ces dernières semaines au Burkina Faso.

Le gouvernement qui assure la transition jusqu'aux élections prévues en octobre "s'opposera désormais" avec "fermeté et responsabilité" à "toute tentative de déstabilisation, d'où qu'elle vienne", a averti M. Zida dans une déclaration radiotélévisée.

Alors que le gouvernement "s'emploie à rassurer et convaincre les investisseurs de rester ou de venir s'installer dans notre pays", les grévistes veulent "saper ces efforts en installant un climat d'anarchie, comme pour défier ouvertement l'autorité de l'Etat", a ajouté le chef du gouvernement qui est aussi ministre de la Défense.

Les "mouvements de grèves désordonnées", "revendications intempestives", "occupations des lieux de travail" et autres "entraves à la liberté de circuler", "indiquent clairement que l'on veut empêcher le gouvernement de travailler et, à terme, les élections de se dérouler", a-t-il asséné.

Une grève des chauffeurs routiers lundi et mardi a bloqué l'approvisionnement en pétrole de centrales électriques, provoquant des délestages importants dans le pays.

Les chauffeurs exigeaient l'application d'une convention collective censée entrer en vigueur en 2011 et qui prévoit une revalorisation salariale et leur déclaration à la sécurité sociale.

"Faire passer les intérêts individuels et corporatistes avant le bien commun, c'est faire le jeu des revanchards qui n'ont pas encore digéré la perte du pouvoir et de ceux qui s'activent à dévoyer l'insurrection populaire", a commenté M. Zida.

Il a épinglé des "revendications égoïstes, dont certaines sont manifestement surréalistes", et invité les travailleurs à "ne pas se laisser abuser".
Les grèves se multiplient depuis plusieurs mois au Burkina Faso, où une insurrection populaire a poussé le président Compaoré à quitter le pouvoir fin octobre après 27 ans de règne.

Une autre grève, qui touchait depuis une semaine les Brasseries du Burkina (Brakina), est en voie de résorption après que ses agents ont accepté une augmentation de 15% en plus d'une prime, au lieu des 80% exigés, de source syndicale.

La Confédération générale du travail du Burkina, principale centrale syndicale qui contrôle l'éducation, la santé ou encore les télécoms, a annoncé une grève le 8 avril pour exiger la réduction du prix du carburant.

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