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Burkina : Le colonel "Yac" en prison


Sita Sangaré, le directeur de la justice militaire du Burkina Faso en charge des enquêtes sur le putsch. (Photo Bagassi Koura, VOA.)

Sita Sangaré, le directeur de la justice militaire du Burkina Faso en charge des enquêtes sur le putsch. (Photo Bagassi Koura, VOA.)

Le Colonel Yacouba Ouédraogo, dernier ministre des sports de Blaise Compaoré, aussi connu sous le diminutif « Yac », a été arrêté et inculpé mercredi pour son implication présumée dans le putsch du 17 septembre.

L'ex-ministre des sports du président burkinabè déchu Blaise Compaoré, Yacouba Ouédraogo, aussi connu sous le diminutif « Yac » a été arrêté et inculpé mercredi pour son implication présumée dans le putsch manqué du 17 septembre, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

"Le colonel Yacouba Ouédraogo a été inculpé aujourd'hui et a été amené à la MACA (Maison d'arrêt et de correction de l'armée) à Ouagadougou dans le cadre de l'enquête sur le coup d'Etat manqué", a déclaré un haut magistrat au Tribunal militaire de Ouagadougou.

Ce magistrat-militaire n'a pas pu donner les chefs d'inculpation retenus contre le dernier ministre des sports de M. Compaoré, chassé par la rue fin octobre 2014 après 27 ans au pouvoir.

M. Ouédraogo, dirigeant de l'Union pour un Burkina nouveau (UBN), parti qu'il a fondé après la chute de Compaoré, avait déjà été entendu dans ce dossier en octobre.

Le Conseil constitutionnel avait rejeté la candidature de M. Ouédraogo à l'élection présidentielle prévue fin novembre, en vertu d'une loi controversée votée en avril rendant "inéligibles" les personnes ayant "soutenu un changement inconstitutionnel portant atteinte au principe de l'alternance démocratique".

C'est le deuxième ministre du dernier gouvernement de Compaoré à être écroué dans le cadre des enquêtes sur le putsch manqué. L'ex-chef de la diplomatie, Djibrill Bassolé a été inculpé notamment pour "attentat à la sûreté de l'Etat" et "haute trahison".

Une trentaine de personnes dont une vingtaine de militaires, essentiellement du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), parmi lesquels le général Gilbert Diendéré considéré comme le cerveau du putsch, ont déjà été mis aux arrêts.

Des soldats du RSP, l'ancienne garde prétorienne de M. Compaoré, avaient fait irruption dans le palais présidentiel le 16 septembre en plein conseil des ministres, prenant en otage le président Michel Kafando, le Premier ministre Isaac Zida, et plusieurs ministres, avant de proclamer le coup d'État le lendemain.

La mobilisation populaire et de l'armée loyaliste a mis les putschistes en échec et permis le retour au pouvoir de M. Kafando et de son gouvernement.

L'histoire du Burkina Faso, pays sahélien pauvre de 17 millions d'habitants, a été marquée par de nombreux coups d'État depuis l'indépendance en 1960.

La campagne pour les élections présidentielle et législatives du 29 novembre pour clore la "transition" démocratique ouverte après la chute de M. Compaoré, s'est ouverte le 8 novembre.

Avec AFP

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