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Burkina Faso : nouveaux tirs sporadiques jeudi matin


Photo d’archives : Le lieutenant-colonel Isaac Zida rencontre les dirigeants de l'opposition à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le 2 novembre 2014.

Photo d’archives : Le lieutenant-colonel Isaac Zida rencontre les dirigeants de l'opposition à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le 2 novembre 2014.

Intervenant dans une édition spéciale du Monde Aujourd’hui sur VOA Afrique, notre correspondant à Ouagadougou nous a fait savoir que des tirs sporadiques continuaient d’être entendus dans la capitale, alors que des négociations étaient en cours pour régler la crise au Burkina Faso, déclenchée mercredi par le coup de force du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Le RSP, la garde prétorienne de l'ancien président burkinabé Blaise Compaoré, a fait irruption dans la salle du Conseil des ministres hier après-midi, menaçant les autorités issues de la transition d'octobre 2014.

Le président intérimaire du Burkina Faso Michel Kafando de même que le Premier ministre Isaac Zida et les ministres de la Fonction publique Augustin Loada et de l'Habitat René Bagoro, étaient retenus par des éléments du RSP. Des coups de feu ont retenti dans la soirée.

Selon la radio burkinabè Omega, des négociations étaient en cours au ministère de la Défense. L'ancien président Jean Baptiste Ouédraogo était arrivé à ce ministère pour ces pourparlers. Ceux-ci étaient menés par le secrétaire général du ministère de la défense, le colonel-major Alassane Moné (le ministre de la défense qui est Michel Kafando était toujours entre les mains du RSP).

Le chef d'Etat-major général des armées (CEMGA), Pingrénoma Zagré et d'autres chefs militaires avaient en face d'eux le colonel-major Boureima Kéré, le général Gilbert Diendéré, le capitaine Dao et des délégués des soldats du RSP.

Le RSP campait sur sa position, à savoir la démission du président de la Transition, Michel Kafando, et du premier ministre Isaac Zida. Le reste de la troupe du RSP était en attente sous le commandement du commandant Aziz Korogho, le meneur des soldats.

D'après d’autres informations de VOA Afrique, le Président Kafando et le premier ministre Zida étaient internés au camp Naaba-Koom, la base du RSP jouxtant la présidence. Un haut gradé du RSP a évoqué une réunion à l'État-major pour désigner un nouveau président.

Juste après les rassemblements des jeunes pour aller libérer, disent-ils, les 'otages', les éléments du RSP sont sortis dans des véhicules pick-up munis de fusils mitrailleurs. Des coups de feu ont été tirés pour disperser la foule rassemblée aux abords du palais présidentiel à Ouagadougou.

Réactions

Dans un communiqué, Cherif Sy, le président du Conseil national de transition a dénoncé hier une « prise d’otage » et déclaré que « la nation était en danger ». Cherif Sy a critiqué « une énième irruption du RSP » qu’il a qualifié « d’atteinte grave à la République et à ses institutions ».

Les réactions de la communauté internationale n’ont pas tardé. Les États-Unis se disent profondément préoccupés par les événements qui se déroulent au Burkina Faso.

Washington appelle à la libération immédiate du président Kafando, du Premier ministre Zida, et toutes les autres personnes retenues.

De son côté, le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné dans les termes les plus fermes" la détention du président Michel Kafando et de son Premier ministre Isaac Zida, réclamant qu'ils soient "libérés sains et saufs et immédiatement".

Dans une déclaration adoptée à l'unanimité de ses 15 membres sur proposition de la France, le Conseil "souligne que cette détention par des éléments du Régiment de sécurité présidentielle est une violation flagrante de la constitution" du pays.

Les membres du Conseil "exhortent tous les acteurs au Burkina Faso à s'abstenir de toute violence". Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lui aussi exigé hier la "libération immédiate" du président intérimaire et du Premier ministre.

M. Ban se déclare dans un communiqué "scandalisé" par ce coup de force de la garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir en octobre 2014.

"Les Nations unies soutiennent fermement les autorités de transition et le président (Michel) Kafando", ajoute M. Ban, cité par son porte-parole.

"Cet incident est une violation flagrante de la Constitution" du Burkina et des accords sur la transition politique dans le pays, a-t-il ajouté.

M. Ban a souligné "le soutien ferme de la population" à cette transition et a demandé que son calendrier soit respecté, y compris les élections présidentielle et législative prévues pour le 11 octobre et censées mettre un terme à cette transition.

Toujours selon le communiqué, le représentant spécial de l'ONU pour l'Afrique de l'ouest Mohamed Ibn Chambas se trouve actuellement à Ouagadougou. Il s'efforce avec la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest et l'Union africaine de résoudre cette crise afin de "sauvegarder la transition au Burkina Faso".

Les Etats-Unis ont également fermement condamné toute tentative de prise du pouvoir par des moyens non conforme à la constitution ou encore de résoudre les désaccords politiques en utilisant la force. Le Département d’Etat a publié un communiqué hier soir signé par son porte-parole, John Kirby. Washington appelle à une fin immédiate à la violence et exhorte les militaires impliqués à revenir à leur mission première. Le gouvernement réaffirme son soutien indéfectible au gouvernement civil de transition dans sa tâche d’organiser des élections libres, justes, et crédibles le 11 octobre prochain.

L'Union africaine, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest et la France, ancienne puissance coloniale, ont aussi fermement condamné cette "prise d'otages" et exigé la libération de toutes les personnes détenues.

Pour sa part, l’Union d’action syndicale (UAS) a appelé à une grève générale à partir du 16 septembre sur toute l’étendue du territoire national pour contrer les ingérences du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) dans la vie politique et pour une véritable démocratie au Burkina Faso.

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