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Les enseignants acceptent de retourner dans le nord du Burkina Faso


Siège du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS) à Ouagadougou (VOA/Issa Napon)

L’insécurité dans cette région a causé le départ de nombre de travailleurs, parmi lesquels les enseignants sommés par les terroristes d'enseigner en arabe.

A l’issue d’âpres négociations entre les syndicats d’enseignants et le gouvernement, ces fonctionnaires ont accepté de revenir mais non sans peur et en pleine riposte des forces de sécurité burkinabè dans le nord du pays.

Anatole Zongo, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS)
Anatole Zongo, secrétaire général du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS)

Les menaces terroristes sur les enseignants contraints, pour continuer leur travail, à dispenser leurs cours en arabe, ont obligé les syndicats d’enseignants à soutenir leurs collègues qui fuient les zones à risques. La peur permanente vient s’ajouter au dénuement des braves formateurs dans des zones généralement reculées, explique Anatole Zongo, enseignant et secrétaire général du Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur (SNESS)

"Parce qu’à partir du moment où des djihadistes, des terroristes, peuvent déboucher à tout moment avec leurs plans macabres, ça fait qu’on est constamment sur le qui-vive ; dès que l’on en voit enturbannés, qu’on voit des gens qui effectivement ressemblent à des Touaregs, c’est vraiment la peur au ventre. On a l’impression que c’est une zone poreuse parce que chaque fois, ils quittent la partie malienne pour se retrouver dans nos frontières, ils agissent et ils repartent. Donc il va s’en dire que l’on ne peut pas avoir la tranquillité".

Le ministre en charge de l’Education nationale était déjà monté au créneau en pleine tournée dans le nord pour inciter les enseignants à retrouver leurs classes et à faire confiance au gouvernement. Une assurance réitérée par le ministre en charge de la Sécurité. Simon Compaoré s’est voulu persuasif :

"Peut-être que vous avez déjà commencé à le constater, au fil des semaines et des mois à venir nous allons monter en puissance, non seulement au niveau des renseignements, mais aussi des moyens permettant aux forces de défense et de sécurité de continuer à assumer leur mission de défense du territoire et des populations. Nous allons préférer laisser le terrain parler pour que vous-mêmes, vous soyez témoins".

De Kourfaël à Dori, en passant par Diguel et Djibo, les enseignants retrouvent leurs classes rassurés par les autorités, même si la peur reste permanente, rappelle Anatole Zongo :

"Il faut dire qu’avec les mesures prises par le gouvernement, peut-être que les choses vont un peu s’arranger, parce qu’ils nous ont dit qu’il y aura une patrouille à tout moment. Il nous est difficile de dire que les uns et les autres se sentent complètement sécurisés, rassurés, mais on peut dire que l’Etat a fait des efforts. Au regard donc de ces efforts qui ont été consentis par l’Etat, je crois que c’est ce qui a prévalu à ce que les gens rejoignent les postes".

Des rares enseignants rencontrés sur leurs préparatifs de retour, aucun n’a voulu s’exprimer, mais ils ont laissé percevoir encore quelque crainte. Ces enseignants retrouvent leurs classes, conscients que plus rien ne sera comme avant, pour encore un temps.

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