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Burkina Faso : des milliers personnes marchent pour l’alternance


Le président Blaise Compaoré (Archives)

Le président Blaise Compaoré (Archives)

A l’appel de l’opposition burkinabé, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue samedi, à Ouagadougou et dans d’autres villes du Burkina, pour exiger l’alternance à la tête du pays. Elles ont dénoncé la mise en place du Sénat ainsi que la politique du gouvernement. Les manifestants ont aussi exprimé leur opposition à une éventuelle modification de l’article 37 de la Constitution, qui permettrait au président Blaise Compaoré de briguer un autre mandat en 2015.

A Ouagadougou, des sources policières que cite l’AFP parlent d’au moins 10 000 manifestants qui ont marché sous la pluie. Encadrés par des militants de l’opposition et les forces de sécurité, ils ont scandé des slogans contre le régime du président Compaoré. « L’Alternance ou la mort, nous vaincrons ! », criaient-ils notamment.

Parlant d’une mobilisation « historique », le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré a assuré les manifestants que « la victoire est proche. »

Des cadres démissionnaires du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir, se sont joints à la marche. C’était le cas Roch March Christian Kaboré, ancien président de l’Assemblée nationale, ou encore de l’ancien maire de Ouagadougou, Simon Compaoré.

Non à un autre mandat de Compaoré

L’opposition burkinabé est très remonté contre le président Blaise Compaoré depuis qu’il annoncé, au mois de décembre, qu’un référendum allait être organisé pour modifier l’article 37 de la Constitution. Celui-ci limite le nombre de mandats présidentiels à deux quinquennats.

Arrivé au pouvoir en 1987 à la faveur d’un coup d’Etat, le chef de l’Etat burkinabé a effectué deux septennats, puis, après l’entrée en vigueur de l’article 37, deux quinquennats. Pour les opposants, il ne peut plus se représenter à l’élection présidentielle, et devra quitter le pouvoir à l’expiration de son mandat en 2015.

Toutefois, M. Compaoré n’a pas clairement exprimé son intention à ce propos. Dans une interview accordée à la VOA à Washington, en septembre dernier, il n’avait rien exclu, déclarant que le choix de se présenter ou non lui revenait.

Le gouvernement se dit ouvert au dialogue

Dans un communiqué publié à l’issue de la marche de samedi, le gouvernement burkinabé a publié un communiqué relevant que « les manifestants se sont exprimés dans le respect de l’ordre dans les différentes villes où ils ont prononcé des discours déclinant leurs préoccupations. »

« Le gouvernement prend note de leurs attentes et les assure de sa bonne disposition au dialogue dans le cadre républicain, la tolérance et le respect des différences politiques », poursuit le communiqué gouvernemental, en félicitant « les acteurs pour cette manifestation pacifique qui doit plus que jamais inspirer l’ensemble de la classe politique. »
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