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Burkina: la dissolution de la garde prétorienne de l'ex-président recommandée


Le chef de la garde présidentielle du Burkina Faso, Gilbert Diendéré, après la cérémonie de prestation de serment du président alors nouvellement nommé Michel Kafondo à Ouagadougou, 21 novembre 2014 (Reuters, archives)

Le chef de la garde présidentielle du Burkina Faso, Gilbert Diendéré, après la cérémonie de prestation de serment du président alors nouvellement nommé Michel Kafondo à Ouagadougou, 21 novembre 2014 (Reuters, archives)

La Commission nationale de réconciliation et des réformes (CRNR) veut la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

La Commission nationale de réconciliation et des réformes (CRNR) a recommandé lundi la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne de l'ex-président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir fin octobre 2014 par la rue.

La CRNR a aussi préconisé un référendum sur une nouvelle Constitution.

"Nous recommandons de dissoudre le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), dans le cadre de la refondation de l'armée", a déclaré Mgr Paul Ouédraogo, archevêque de Bobo-Dioulasso lors de la présentation du rapport après six mois de travail de la CRNR, qui avait été mise en place après l'insurrection anti-Compaoré.

La commission demande de confier désormais la protection du chef de l'Etat à une "unité d'élite" de la gendarmerie et de la police.

Le RSP, garde prétorienne de quelques 1.300 hommes, considéré comme la troupe la mieux formée de l'armée burkinabè, était considéré comme le bras séculier de l'ex-dirigeant. Fin juin, le RSP avait provoqué une brève crise politique en exigeant la démission du Premier ministre, le lieutenant-colonel Isaac Zida, également numéro 2 de ce régiment, dont il avait demandé publiquement la dissolution "pure et simple" avant d'y renoncer.

Une partie de la société civile réclame sa dissolution depuis plusieurs mois.

La CRNR est aussi favorable à la convocation d'un référendum le 31 janvier en même temps que les élections municipales en vue d'adopter une nouvelle Constitution qui supprimerait la peine de mort et rendrait obligatoire le service militaire.

Cette Constitution devrait également rendre imprescriptibles les crimes environnementaux, limiter les membres du gouvernement à 25 ministres et étendre la compétence des juridictions de droit commun aux crimes et délits commis par le chef de l'Etat et ses ministres dans l'exercice de leurs fonctions. Elle devrait également supprimer l'amnistie accordée aux anciens chefs d'Etat.

Dans son rapport de 142 pages, la Commission, soulignant une "ineffectivité" de l'indépendance de la Justice, a notamment "répertorié 145 personnes tuées depuis 1960 soit dans l'exécution des coups d'Etat, d'assassinats politiques, de décès suite à des bavures ou actes de tortures, de disparus suite à des enlèvements ou à des interpellations ou de morts suspectes".

Le Burkina Faso est dirigé depuis la chute de Blaise Compaoré par des autorités intérimaires, constituées du président Michel Kafando et du Premier ministre Zida. Elles doivent rendre le pouvoir à l'issue d'élections présidentielle et législatives le 11 octobre.

Avec AFP

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