Liens d'accessibilité

Burkina : les bénéficiaires des véhicules officiels détournés durant la transition sommés de les rendre


Le président burkinabè Roch Marc Kaboré après sa prestation de serment à Ouagadougou, Burkina Faso, 29 decembre 2015. REUTERS/Sophie Garcia

Le président burkinabè Roch Marc Kaboré après sa prestation de serment à Ouagadougou, Burkina Faso, 29 decembre 2015. REUTERS/Sophie Garcia

Le gouvernement du président Roch Marc Christian Kaboré donne un ultimatum de "deux semaines" aux détenteurs des véhicules officiels détournés durant ou à la fin de la transition pour qu'ils les rendent s'ils ne veulent pas subir les "conséquences qui en découlent".

Dans un communiqué officiel, le ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, exige à "toute personne ou structure détenant les véhicules" officiels détournés de les "déposer" au camp de la Compagnie républicaine de sécurité à Ouagadougou.

"Profitant de la situation politique actuelle, certains ont gardé les véhicules", explique le journaliste Dieudonné Zoungrana à VOA Afrique.

"Pour le moment, les gens attendent qu'il y ait quelques actions en justice", affirme M. Zoungrana.

Le communiqué du gouvernement fait état de plusieurs véhicules sortis du parc automobile de la Présidence du Faso, à la faveur de la fin de la transition intervenue le 29 décembre 2015, sans qu'aucun document ne soit établi, indiquant la position ou l'affectation des desdits véhicules aux nouvelles autorités.

Des ministres du gouvernement de la transition, des gradés, des leaders de la société civile et même des particuliers proches de la transition ont été, selon des sources officielles, les bénéficiaires des véhicules distribués pendant la transition ou peu avant sa fin.

Un gouvernement de transition a été mis en place après la chute du président Compaoré, chassé du pouvoir le 31 octobre 2014 par la rue après 27 ans de règne.

Ce gouvernement dirigé par le président Michel Kafando, un diplomate à la retraite, et le Premier ministre Isaac Zida, ancien numéro 2 de la garde prétorienne de Blaise Compaoré, est accusé de mauvaise gestion par un rapport de l'Autorité supérieure de contrôle d'Etat et de lutte contre la corruption (ASCE) rendu public en avril.

Le rapport pointe de nombreuses "irrégularités" notamment le "recours abusif à l'entente directe pour les commandes publiques" et le "non-respect de la réglementation des achats publics dans l'exécution de la commande publique" durant la transition.

M. Zida est personnellement éclaboussé dans de nombreux scandales.

Le président Roch Marc Christian Kaboré, élu en novembre et qui a pris fonction fin décembre, a fait de la lutte contre la corruption une priorité de son mandat.

XS
SM
MD
LG