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Burkina : une avenue de Ouagadougou rebaptisée au nom de Norbert Zongo


Des manifestants tiennent un portrait de Norbert Zongo, le 13 décembre 2008. (AFP PHOTO / STRINGER)

Des manifestants tiennent un portrait de Norbert Zongo, le 13 décembre 2008. (AFP PHOTO / STRINGER)

Le Premier ministre de la transition Isaac Zida assistait à la cérémonie qui honorait, samedi dans la capitale burkinabè, la mémoire du journaliste assassiné en 1998.

Une grande avenue de Ouagadougou, que le journaliste Norbert Zongo avait empruntée le jour de son assassinat en décembre 1998, a été rebaptisée, samedi 12 décembre, en présence du Premier ministre de transition Isaac Zida et du président élu Marc Roch Christian Kaboré

Journaliste d'investigation et directeur de publication de l'hebdomadaire L'Indépendant, Norbert Zongo a été retrouvé mort calciné avec trois de ses compagnons dans son véhicule à 100 km au sud de Ouagadougou, sous le régime du président Blaise Compaoré renversé en octobre 2014 après 27 au pouvoir.

"Nous sommes plus que jamais près du but" pour savoir "qui a ordonné de tuer" le journaliste "et pourquoi", a affirmé M. Zida.

"Ceux qui ont assassiné Norbert Zongo, en tout cas pour ceux qui sont encore vivants, sont désormais aux arrêts. Nous avons assisté à leurs inculpations (et à) leurs interpellations. Ils sont aujourd'hui enfermés (...) et nous attendons qu'ils puissent être jugés", a-t-il déclaré en allusion à l'inculpation de trois personnes.

Trois ex-soldats inculpés

Trois ex soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de M. Compaoré, l'unité auteur du putsch raté de septembre 2015, ont été inculpés cette semaine et écroués.

Ces inculpés font partie des "six suspects sérieux", tous membres de la garde de sécurité du président Compaoré, qui avaient été identifiés par la Commission d'enquête indépendante (CEI) mise en place en 1999 sous la pression populaire et qui avait alors ébranlé le régime Compaoré.

A sa mort, Norbert Zongo enquêtait sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, frère cadet du président, surnommé le "petit président".

"Aujourd'hui au Burkina Faso souffle le vent de la démocratie et de la liberté (et) il y a la part contributive du journaliste Norbert Zongo qui n'a cessé de lutter pour que la justice et la vérité se fassent", a indiqué M. Zida dont le gouvernement de transition issu de la chute de Compaoré a ordonné la réouverture du dossier en mars 2015.

"Il a été assassiné parce qu'il dénonçait le crime odieux qui a été perpétré sur David Ouédraogo. Aujourd'hui, nous avons voulu lui rendre hommage et donner aux générations futures un exemple à suivre (...) nous voulons que tout le peuple burkinabè sache que nous sommes sur le chemin de la justice pour Norbert Zongo", a insisté M. Zida.

Vers d'autres inculpations ?

La veuve du journaliste, Geneviève Zongo, a elle déclaré qu'"on attend toujours la suite. C'est un pas de gagné mais c'est pas encore arrivé".

Le président du Collectif contre l'impunité, Chrysogone Zougmoré a ajouté qu'"au cours de ces 17 années, nous n'avons pas baissé les bras et c'est cela qui a permis que nous puissions effectuer ces petits pas en avant"

"Nous allons donc continuer sur cette lancée (...) et poursuivre la lutte jusqu'à ce que la vérité se fasse sur les assassinats horribles du 13 décembre 1998", a-t-il dit.

L'avocat de la famille Zongo, Me Bénéwendé Stanislas Sankara, qui défend aussi la famille de Thomas Sankara, s'attend à d'autres inculpations.

"Il y a beaucoup d'auditions qui se mènent maintenant, il y a également la découverte de l'épave du véhicule qui aurait servi à perpétrer l'assassinat", a-t-il déclaré.

François Compaoré est fortement soupçonné d'être le commanditaire des assassinats de Zongo et Ouedraoogo. Il vit en exil depuis la chute du régime de son aîné.

Le président nouvellement élu du Burkina, Roch Marc Christian Kaboré, qui doit prendre fonction d'ici fin décembre, a assisté au baptême de la rue sans faire de déclaration.

Avec AFP

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