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L'officier annonceur du putsch raté au Burkina, mis en liberté


Le médecin-colonel Mamadou Bamba annonce un coup d’Etat sur la radio-télévision burkinabè (RTB), 17 septembre 2015.

Le médecin-colonel Mamadou Bamba annonce un coup d’Etat sur la radio-télévision burkinabè (RTB), 17 septembre 2015.

Le médecin-colonel Mamadou Bamba, l'officier qui avait annoncé à la télévision le 17 septembre 2015 un putsch, qui avait ensuite échoué, a été mis en liberté provisoire, selon une source judiciaire à Ouagadougou.

"Hier (mardi) le médecin-colonel (Mamadou) Bamba est sorti de prison. Il a bénéficié d'une liberté provisoire de la chambre de contrôle de l'instruction (de la justice militaire)", a indiqué à l'AFP un haut magistrat au sein de la justice militaire

Les images du lieutenant-colonel Mamadou Bamba, en tenue de combat, lisant laborieusement un communiqué dans lequel "l'armée" affirmait avoir renversé le gouvernement de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré en 2014, ont fait le tour du monde.

L'officier, qui n'appartenait pas au régiment putschiste (Régiment de sécurité présidentielle, RSP), l'ancienne garde prétorienne du président Compaoré, avait été incarcéré en octobre 2015 en même temps que le chef des putschistes le général Gilbert Diendéré.

Au total, 85 personnes ont été inculpées dans le cadre de l'enquête judiciaire liée au putsch et dix personnes en fuite font l'objet de mandats d'arrêt.

A ce jour, une quarantaine de personnes sont en liberté provisoire selon un décompte de l'AFP parmi lesquels des leaders politiques comme Léonce Koné, haut responsable du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Compaoré ou encore Me Hermann Yaméogo, leader de l'Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD), un petit parti proche du régime du président Blaise Compaoré.

Par ailleurs, la justice militaire a ordonné l'analyse par un expert indépendant, l'Allemand Hermann Künzel, expert pour la Cour pénale internationale (CPI), des écoutes téléphoniques supposées entre le président de l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro et l'ex-chef de la diplomatie burkinabè Djibrill Bassolé. Dans cette conversation, M. Soro semble annoncer un soutien aux putschistes alors en difficulté.

Un mandat d'arrêt contre M. Soro a empoisonné les relations entre Abidjan et Ouagadougou qui a finalement abandonné les poursuites contre l'ex-chef rebelle ivoirien.

Selon des sources judiciaires, l'expert allemand, régulièrement consulté en Europe, doit déterminer si les écoutes sont authentiques et peuvent être exploitées dans le cadre d'un procès.

Un expert français en acoustique, Norbert Pheulpin commis par les avocats de M. Bassolé avait conclu que les enregistrements étaient un "montage" réalisé sur la base de "trois ou quatre conversations téléphoniques différentes" entre Soro et Bassolé.

Selon le haut magistrat militaire interrogé par l'AFP, l'expert allemand doit déposer ses conclusions le 27 octobre.

Avec AFP

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