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Le budget britannique favorisé par une croissance vigoureuse avant le Brexit


Le chancelier de l'Echiquier britannique Philip Hammond, à gauche, discute avec le ministre des Finances du Luxembourg, Pierre Gramegna, lors d'une table ronde au siège du Conseil de l'UE à Bruxelles, le 27 janvier 2017.

Les autorités britanniques ont nettement relevé leur prévision de croissance à 2% en 2017, ce qui n'a pas empêché le gouvernement de présenter un budget économe en prévision des secousses du Brexit.

La vigueur de l'activité économique est une bonne nouvelle pour le Royaume-Uni, qui a promis de déclencher d'ici fin mars le fameux Article 50 qui doit lancer deux ans de négociations sur le Brexit entre Londres et Bruxelles.

"Alors que nous entamons les négociations pour sortir de l'Union européenne, le budget porte notre programme pour préparer le Royaume-Uni à un avenir plus brillant", a lancé le chancelier de l'Echiquier Philip Hammond mercredi devant les députés.

Il a souligné que la croissance devrait atteindre 2% cette année, selon les calculs réalisés par l'institut public semi-indépendant Office for Budget Responsibility (OBR).

Ce chiffre serait identique à la croissance du produit intérieur brut (PIB) enregistrée en 2016 et est surtout bien plus élevé que le 1,4% prévu par l'OBR lors du budget rectificatif de novembre. Petit bémol toutefois, cette prévision reste un peu inférieure aux 2,2% qui étaient attendus pour 2017 avant le référendum du 23 juin dernier.

Reste que l'économie ne faiblit quasiment pas pour l'instant, contrairement aux scénarios catastrophes qui avaient germé au moment du vote.

Le Royaume-Uni bénéficie en effet d'une solide consommation des ménages depuis quelques mois - malgré la montée d'une inflation indirectement provoquée par la chute de la livre sterling depuis le référendum.

En revanche, les pouvoirs publics se sont montrés moins optimistes pour les années à venir, anticipant un ralentissement de la croissance au moment où le Royaume-Uni doit sortir de l'Union européenne. L'OBR a notamment révisé à la baisse ses prévisions à 1,6% pour 2018.

L'exécutif britannique n'a donc pas été en mesure de céder au triomphalisme et encore moins à des folies dépensières.

Parfois surnommé "Phil l'Epicier", Philip Hammond est resté très mesuré en dévoilant les grandes lignes des recettes et des dépenses du gouvernement de Sa Majesté.

Hormis une "déclaration d'automne" qui avait fait un point d'étape sur les comptes annuels du pays à la fin novembre, il s'agissait du premier véritable exercice en la matière pour ce conservateur austère devenu Grand argentier du Royaume en juillet, à la faveur de la brève tempête politique qui avait soufflé après le référendum.

"Il n'y a pas de place pour la complaisance", a expliqué le ministre devant la Chambre des Communes.

La croissance plus vigoureuse lui donne néanmoins un peu d'air et l'Etat britannique devrait emprunter quelque 16 milliards de livres de moins que prévu lors de l'année budgétaire d'avril 2016 à mars 2017, année au cours de laquelle le Royaume-Uni devrait faire passer son déficit public sous la barre des 3% du PIB chère à Bruxelles.

Fidèle à sa réputation, M. Hammond n'est pour autant pas sorti du cadre rigoureux fixé par les conservateurs depuis leur retour du pouvoir il y a bientôt sept ans.

"Notre pays doit recommencer à vivre en fonction de ses moyens", a-t-il mis en avant. "Certains demandent des emprunts massifs pour financer de vastes plans de dépenses. Cette approche n'est pas seulement illogique, elle est téméraire, à courte vue et injuste pour les jeunes qui en paieraient les conséquences", avait-il aussi prévenu dans une tribune écrite avant sa présentation.

M. Hammond a toutefois concédé quelques gestes: il a légèrement augmenté les fonds alloués aux structures sociales de soins et à l'éducation, aménagé l'impact de changements apportés à la taxe professionnelle ou promis de diminuer encore à la marge l'impôt sur le revenu.

Mais au final, sans bouleversement profond, son objectif reste le même: réduire le déficit public à moins de 2% du PIB d'ici à la fin de la législature à l'horizon 2020.

Avec AFP

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