Liens d'accessibilité

Les joueurs de la crosse iroquois, toujours bloqués à New-York


Londres rejette les documents iroquois, même si l’équipe fait valoir qu'elle a utilisé des passeports autochtones pendant des années, sans aucun problème, leur nation étant après tout souveraine.

Le gouvernement britannique a refusé de permettre à une équipe nationale de crosse iroquoise de s’envoler pour le Royaume-Uni, même si les États-Unis ont finalement décidé de laisser les joueurs voyager avec leur passeport de la Confédération iroquoise. Une affaire qui remet sur le tapis les droits des populations indigènes d’Amérique du Nord.

L’équipe nationale de crosse iroquoise compte 23 joueurs de la Confédération des six nations de la région de l’Ontario. Le territoire de ces six nations - Oneida, Seneca, Mohawk, Tuscarora, Cayuga et Onondaga – s’étend dans Nord-est des États-Unis, depuis l’État de New York jusqu’au sud de l’Ontario au Canada.

On attribue aux Iroquois l’invention de la crosse, jeu collectif amérindien dans lequel les joueurs se servent d'une crosse pour mettre une balle dans le but adverse, il y a mille ans environ. Selon la Fédération internationale de la crosse, l’équipe iroquoise se place au quatrième rang mondial, et elle devait participer à un match jeudi soir contre la Grande-Bretagne, lors du début du Championnat mondial de crosse.

Les joueurs entendaient se déplacer sur présentation de leurs documents iroquois, l’équipe faisant valoir qu'elle a utilisé des passeports autochtones pendant des années, sans aucun problème, leur nation étant après tout souveraine.

Mais voilà, les États-Unis ont adopté le passeport biométrique, et les documents iroquois sont dépourvus de ces mécanismes sécuritaires. Du coup, le département d’Etat américain avait informé les joueurs iroquois qu’il leur faudrait obtenir des passeports américains, ce qu’ils avaient refusé de faire, évoquant un affront à leur identité nationale. De son côté, Londres avait refusé de les laisser s’embarquer, au motif qu’on ignorait si les autorités américaines leur permettraient de revenir aux États-Unis s’ils présentaient leurs documents iroquois.

Suite à l’intervention de parlementaires américains – et beaucoup de bruit dans la presse – la secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait arrangé les choses en annonçant qu’on ferait une exception, vu qu’elle souhaitait que les joueurs puissent participer au championnat mondial qui s’ouvrait ce jeudi à Manchester, en Grande-Bretagne. Il s’agit après tout, a reconnu son porte-parole Philip J. Crowley, « des Jeux Olympiques » de la crosse.

Mais une fois cet obstacle surmonté, Londres en a posé un autre en disant que la Grande-Bretagne ne reconnait que des passeports américains ou canadiens. Les joueurs ont du renoncer à leur premier match, et se trouvent toujours bloqués dans un hôtel de New-York dans l’attente solution. Les manœuvres diplomatiques se poursuivent aux plus hauts échelons de l’État, a fait savoir le directeur du groupe, Percy Abrams. Le député Dan Maffei de l’État de New-York a appelé Londres à la clémence, évoquant « la gêne internationale » si les joueurs sont privés du droit de participer à la compétition.

Selon l’Associated Press (AP), quatre nations indiennes – les Kootenai, les Pasqua Yaqui, les Tohono O’odham et les Seneca - œuvrent avec les autorités fédérales américaines pour mettre au point des cartes d’identité qui satisferaient aux nouvelles normes de sécurité. Mais d’après le ministère de la Sécurité intérieure américain, elles ne permettraient pas d’arriver aux États-Unis par avion – seulement par la mer, ou le Canada et le Mexique. Quant aux Iroquois, ils auraient commencé la transition vers des documents biométriques, mais elle n’est pas achevée.

XS
SM
MD
LG