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Brazzaville refuse de dialoguer avec l'ex-chef rebelle Ntumi


Pasteur Frédéric Ntumi, ancien leader des ex-miliciens Ninja à Brazzaville, Congo

Le gouvernement congolais a exprimé jeudi son refus de dialoguer avec l'ancien chef rebelle Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, en vue d'une sortie de crise dans la région du Pool, au sud du Congo Brazzaville, et a affirmé que Ntumi "sera vaincu".

"On ne peut pas dialoguer avec lui parce qu'on ne connaît pas ses prétentions", a déclaré le Premier ministre congolais Clément Mouamba lors d'une conférence de presse, ajoutant que "le pasteur Ntumi veut mettre le gouvernement à genoux. Mais, il sera vaincu."

"Sur la table de mon gouvernement, je n'ai jamais vu une revendication politique du pasteur Ntumi", a-t-il continué, en présence de membres de son gouvernement, expliquant qu'"il n'y a pas de négociations avec lui".

Théâtre de violents affrontements entre 1998 et 2003 ayant opposé l'armée et les ex-combattants ninjas dirigés par l'ex-chef rebelle Ntumi, le Pool est retombé dans la violence après la présidentielle du 20 mars 2016 remportée par le président Denis Sassou Nguesso dès le premier tour, mais contestée par l'opposition.

"Nous pensons que si le dialogue peut se tenir maintenant, on pourrait trouver une solution" à la tragédie en cours dans la région agricole du Pool, a dit à l'AFP Christophe Moukouéké, porte-parole d'un Collectif des partis d'opposition congolaise.

Les autorités accusent le pasteur Ntumi (qui est sous le coup d'un mandat d'arrêt) et ses ex-combattants sont accusés d'y commettre des exactions.

Le Premier ministre a salué l'action des forces gouvernementales dans le Pool, "qui ne sont pas là-bas pour martyriser les populations, mais pour les sécuriser".

Pour l'opposant Moukouéké, "il faut trouver une solution politique négociée" à cette crise.

"La violence ne peut pas être une solution car elle a des conséquences très négatives sur des populations civiles. Le dialogue doit être la réponse", a ajouté Trésor Nzila, directeur exécutif de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH).

Mi-avril, la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) avait dénoncé "la répression à huis clos" en cours depuis un an dans le Pool, tirant "la sonnette d'alarme sur la tragédie des populations" qui se déroule dans "l'indifférence générale".

Âgé de 73 ans comme son Premier ministre, M. Sassou Nguesso, cumule plus de 32 ans à la tête du Congo, petit pays d'Afrique centrale de 4 millions d'habitants.

Avec AFP

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