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Boko Haram: les troupes tchadiennes à la frontière du Niger, la France en appui


Des Nigérians fuyant les attaques de Boko Haram traversent le lac Tchad à dos des chameaux près du lieu où une femme nettoie ses habits, le 19 janvier 2015.

Des Nigérians fuyant les attaques de Boko Haram traversent le lac Tchad à dos des chameaux près du lieu où une femme nettoie ses habits, le 19 janvier 2015.

Un contingent tchadien d'environ 400 véhicules et des chars s’est déployé à la frontière du Niger avec le Nigeria alors que l’armée française effectue des missions de reconnaissance au-dessus des pays frontaliers.

Le contingent tchadien a pris position, dans le cadre de l'offensive contre les djihadistes de Boko Haram, entre Mamori et Bosso, deux bourgades de l'est nigérien, qui ne sont séparées du Nigeria que par une rivière, la Komadougou Yobé, selon l’AFP qui cite la radio privée Anfani basée à Diffa.

Ce positionnement devrait permettre aux troupes tchadiennes d’entrer sans problème au Nigeria avec leur arsenal car, à l'heure actuelle, les eaux de cette rivière ayant fortement baissé, a déclaré une source de la sécurité nigériane.

La Tchad mène des opérations avec l’armée nigeriane et des milices locales. Lundi, la coalition a repris les villes de Mafa, Mallam Fatori, Abadam, Marte et Gamboru.

La France appuie ces opérations avec ses forces aériennes qui effectuent des missions de reconnaissance au-dessus des pays frontaliers du, ont indiqué mardi des sources officielles françaises qui précise ne pas intervenir au-dessus du Nigeria.

« Notre soutien se limite aux pays voisins tels que le Tchad ou le Cameroun », a indiqué mardi à l’AFP une source au ministère de la Défense, précisant que du renseignement était délivré à ces pays largement impliqués dans la lutte contre Boko Haram.

Dans la matinée, le président François Hollande avait laissé entendre que la France survolait aussi le Nigeria.

"L'armée de l'Air est fortement investie, d'abord en Afrique, notamment à Djibouti, au Tchad et au Niger d'où nos avions décollent pour survoler le Sahel, la République centrafricaine ou le Nigeria, comme en ce moment", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie d'hommage à neuf militaires français tués la semaine dernière dans un crash de F-16 en Espagne.

L'Elysée a ensuite précisé qu'il "n'y a pas de survol de l'espace aérien du Nigeria par l'aviation française, mais que la France coopère à la lutte contre Boko Haram au sein de la cellule de renseignement internationale basée à N'Djamena", quartier-général de la lutte régionale contre Boko Haram.

"On a les capacités de faire du survol, du renseignement, et de mettre de l'huile dans les rouages pour coordonner la lutte contre Boko Haram entre le Nigeria et ses voisins", selon une source diplomatique française.

Paris a déployé plus de 3.000 militaires dans le cadre de l'opération de lutte anti-terroriste Barkhane, qui agissent dans cinq pays de la bande sahélo-saharienne (Mali, Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso).

Les troupes tchadiennes, déployées depuis mi-janvier à la frontière camerouno-nigériane, sont entrées mardi en fin de matinée dans la ville nigériane de Gamboru, après de violents combats contre les islamistes de la secte.

C'est la première fois que les militaires tchadiens pénètrent sur le sol du Nigeria, dont l'armée est très critiquée pour son inefficacité dans la lutte contre le groupe islamiste, qui multiplie les atrocités dans le nord du Nigeria et menace de déstabiliser ses voisins par ses incursions de plus en plus massives.

L'Union africaine a appelé vendredi et samedi à la mobilisation en Afrique contre Boko Haram, lors d'un sommet à Addis Abeba, et demandé la mise en place d'une force militaire régionale de 7.500 hommes.

La veille, les milices civiles et des forces tchadiennes et camerounaises ont repris lundi les villes de Mafa, Mallam Fatori, Abadam, Marte et Gamboru.

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