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Boko Haram : le Comité pour la protection des journalistes défend le blogger nigérian Salkida


Le logo Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ)

Le logo Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ)

Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé vendredi l'armée nigériane à "cesser ses menaces" contre Ahmad Salkida, le blogger en contact avec les combattants du groupe jihadiste Boko Haram.

"L'armée nigériane doit cesser ses menaces", prévient le CPJ dans un communiqué, rappelant que "le journaliste indépendant (Ahmad Salkida) pouvait faire face à des poursuites judiciaires pour terrorisme s'il ne livrait pas les informations recueillies (...) auprès de Boko Haram".

Le 14 août dernier, le porte-parole de l'armée, le colonel Sani Usman, avait lancé un appel de recherche contre M. Salkida, ainsi que contre deux autres personnes accusées d'être en lien avec le groupe jihadiste nigérian, les invitant à se rendre aux autorités pour interrogatoire.

Quelques jours auparavant, Ahmad Salkida affirmait sur son compte Twitter avoir reçu en "exclusivité" la dernière vidéo diffusée par Boko Haram, présentant les lycéennes de Chibok capturées il y a plus de deux ans.

Le blogger est une figure importante dans le conflit contre les combattants islamistes. Il a notamment été au coeur de négociations avortées avec le gouvernement de l'ex-président Goodluck Jonathan.

Résident à Maiduguri, ville à l'extrême nord-est du pays et berceau de Boko Haram, il avait été le premier journaliste à obtenir une interview exclusive en 2006 avec le fondateur du mouvement, Mohammed Yusuf.

Depuis lors, il a toujours servi de vecteur d'informations fiables sur le groupe islamiste, éveillant les soupçons des autorités. Il vit désormais en exil aux Emirats arabes unis, d'où il tient un blog journalistique.

Le jour de l'annonce de sa recherche par l'armée, M. Salkida a écrit sur son blog qu'il prendrait "un avion pour Abuja" et répondrait à l'invitation des autorités sans toutefois donner de date exacte, affirmant qu'il travaillait du côté du gouvernement pour "la libération" des otages.

Selon le communiqué du CPJ, M. Salkida couvre le conflit depuis 2006 et "craint pour sa vie", recevant régulièrement de nombreuses menaces de mort.

Pour les journalistes nigérians ou spécialistes en sécurité en contact avec l'insurrection, le gouvernement mène actuellement "une chasse aux sorcières", a confié l'un d'eux à l'AFP.

Muhammadu Buhari, élu en 2015, a promis de mettre fin au conflit qui ravage le nord-est du pays et a fait plus de 20.000 morts depuis 2009 et 2,6 millions de déplacés internes.

Avec AFP

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