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Boko Haram : deux attentats à Borno et un assaut contre les forces de sécurité à Yobe, au Nigeria


Le bilan des attentats commis par deux femmes kamikazes est contradictoire mais au moins 40 islamistes auraient été tués lors de l riposte des forces de sécurité

Les autorités nigérianes ont attribué au groupe islamiste Boko Haram deux attentats à la bombe commis lundi dans l’état de Borno et une attaque contre les forces de sécurité à Yobe.

Les deux attaques à la bombe ont été commises par deux femmes kamikazes qui ont déclenché des explosifs à deux endroits distincts.

La première Kamikaze, âgée apparemment d’une quarantaine d’année, s’est fait exploser dans le Monday Market à Maiduguri et la seconde a choisi un autre endroit, selon Gideon Jibrin, le porte-parole de la police de l'Etat de Borno.

Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno est le fief historique du groupe islamiste.

Les bilans de ces attaque de lundi sont contradictoires. Le commissaire de police de l'Etat de Borno, Clement Adoda, a donné un bilan de six morts dont les deux kamikazes. Mais un témoin avait déclaré à l’AFP plus tôt avoir compté 10 corps. Et, un employé de l'hôpital de Maiduguri a affirmé de son côté avoir reçu 16 corps et 25 blessés graves.

Un autre témoin a affirmé que la deuxième kamikaze s'était introduite dans une boutique avec des explosifs dans le dos, sous son hijab, "comme (si elle portait) un bébé".

"Les propriétaires de la boutique l'ont chassée mais elle a refusé de sortir. Ils l'ont donc traînée dehors et c'est là qu'elle a déclenché l'explosif", se tuant ainsi que les deux commerçants, a précisé le témoin.

Ce même lundi, des hommes armés ont lancé un assaut contre les forces de sécurité à Damaturu, capitale de l'Etat voisin de Yobe.

L'attaque a débuté à l'aube, des détonations réveillant tout un quartier vers 04H45 (03H45 GMT).

Selon un autre témoin, les hommes armés sont venus en grand nombre. Ils ont incendié les locaux de la police.

D'autres témoins ont décrit des scènes de "chaos", avec des combats qui opposaient les insurgés islamistes aux forces de l'ordre à proximité d'une prison où sont détenus des membres présumés de Boko Haram, attenante à la résidence du gouverneur de l'Etat.

Le porte-parole de l'Etat de Yobe, Adullahi Bego, a affirmé en début de soirée que les forces de sécurité ont pu repousser cette attaque grâce à une intervention "aérienne et terrestre".

L’AFP avance le chiffre de plus 40 islamistes abattus, citant des membres des milices privées de la ville.

Boko Haram avait revendiqué une opération sur Damaturu le 24 octobre, au cours de laquelle quatre bâtiments de la police avaient été attaqués à l'aide d'armes à feu et d'explosifs. Trente personnes, apparemment tous des soldats, avaient été tuées.

Yobe et Borno sont deux des trois Etats du nord-est du Nigeria les plus affectés par l'insurrection de Boko Haram, qui a fait 13.000 morts et 1,5 million de personnes déplacés depuis 2009.

Yobe, Borno et Adamawa avaient été placés sous état d'urgence en mai 2013 mais le Parlement a refusé fin novembre de prolonger ce régime d'exception, jugé inefficace.

Ces attaques, dont les bilans ne sont pas encore connus, surviennent après le carnage à la grande mosquée de Kano vendredi, où un double attentat suicide suivi d'une fusillade ont fait au moins 120 morts dans la principale ville du nord du Nigeria.

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