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Blatter à son tour devant le TAS


Sepp Blattter

Sepp Blattter

Une "sanction stupide". Voilà comment Sepp Blatter, 80 ans, qui se rendra en personne à Lausanne devant la plus haute juridiction sportive jeudi, qualifie sa peine.

Plus de trois mois après Michel Platini, c'est au tour de l'ancien président de la Fifa Sepp Blatter de se présenter jeudi devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), où il entend contester sa suspension de toute activité liée au football pendant six ans.

Une "sanction stupide". Voilà comment Sepp Blatter, 80 ans, qui se rendra en personne à Lausanne devant la plus haute juridiction sportive jeudi (audience à 08h30, 06h30 GMT), qualifie sa peine.

"C'est mal de décider une suspension d'aller dans les stades. Qui est suspendu des stades? Des joueurs, des entraîneurs et des arbitres, mais pas des présidents élus", a déclaré mi-août dans un entretien-vidéo à l'AFP celui qui a présidé la Fifa entre 1998 et 2015.

La sanction initiale de la justice interne de la Fifa était initialement de huit ans pour un paiement controversé de 1,8 million d'euros à Michel Platini, également suspendu pour la même durée à l'origine. Les deux hommes avaient été jugés coupables par la chambre d'éthique de la Fifa d'"abus de position", "conflit d'intérêts" et "gestion déloyale".

Leur sanction avait ensuite été réduite à six ans en appel par la Commission des recours de la Fédération internationale, puis la suspension de Platini a été ramenée à 4 ans par le TAS en mai.

Celui qui était encore président - mais suspendu - de l'UEFA espérait alors pouvoir retrouver son fauteuil avant le coup d'envoi de l'Euro-2016, en France. En vain. L'UEFA élira son successeur le 14 septembre en congrès à Athènes.

Baroud d'honneur ?

S'il a pris soin de lier son dossier avec celui de l'ancien capitaine des Bleus - "je suis heureux que la justice sportive s'occupe de mon dossier, qui est lié au dossier de Michel Platini", explique-t-il à l'AFP -, Sepp Blatter n'a, lui, plus de fauteuil à retrouver.

Il avait dit renoncer à son mandat le 2 juin 2015, alors qu'une vague de scandales sur fond de corruption à grande échelle frappait la Fifa. Son successeur, l'Italo-suisse Gianni Infantino a été élu le 26 février dernier.

C'est donc davantage un baroud d'honneur qu'il veut s'offrir, se déclarant "très confiant sur le fait (de pouvoir) convaincre les juges". "C'est de l'arbitrage, comme un arbitre sur un terrain de football", a exposé le Suisse, qui a passé quelques jours à l'hôpital en juillet et a dû être opéré, en raison d'un cancer de la peau selon la presse helvète. "Un joueur dit qu'il y a faute, un autre conteste la faute, et l'arbitre doit trancher. Nous verrons bien."

En mai, le TAS avait "constaté l'existence d'un contrat valable" liant Platini et la Fifa (donc Sepp Blatter). Mais le tribunal arbitral n'avait pas pour autant été "convaincu de la légitimité de ce versement (...) reconnu par les seuls MM. Platini et Blatter et (...) ne reposant sur aucun document établi à l'époque des relations contractuelles".

Autres dossiers

La plus haute juridiction sportive avait alors jugé que la suspension de six ans était "trop sévère", mais qu'"une sanction sévère (NDLR: quatre ans) pouvait se justifier", notamment "en raison de l'absence de repentir" de Michel Platini.

Blatter se repentira-t-il? Cela ne sera pas forcément suffisant pour que sa sanction soit elle aussi réduite, puisque l'ancien patron de la Fifa est également visé par la justice suisse dans cette affaire, ainsi que pour un contrat de droits TV présumé très en-dessous des prix du marché au détriment de la Fifa.

Même si c'est un autre dossier, la révélation début juin par la Fifa d'un système d'enrichissement personnel qui a permis à Blatter (ce qu'il conteste aussi) de se partager avec deux ex-bras droits 80 millions de dollars -- à travers contrats, primes, bonus etc -- ne va pas plaider en sa faveur.

Avec AFP

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