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Le président bissau-guinéen opposé à l'organisation d'élections anticipées


Le président de la Guinée-Bissau, José Mário Vaz

Le président de la Guinée-Bissau, José Mário Vaz

José Mario Vaz a affirmé, lors d'une session extraordinaire de l'Assemblée nationale marquée par la réintégration des 15 députés frondeurs du parti au pouvoir, qu’il voulait laisser les institutions fonctionner normalement.

José Mario Vaz a exclu mardi l'organisation d'élections anticipées pour sortir de la crise politique.

"Le moment est venu que les institutions fonctionnent pleinement. Je n'ai nullement l'intention de dissoudre maintenant le Parlement et d'organiser par conséquent des législatives anticipées", a lancé le président Vaz.

Il répondait ainsi au chef de sa formation, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée du Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir) et ex-Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, qui l'a appelé le 16 avril à dissoudre le Parlement et organiser des élections présidentielle et législatives.

"La résolution de cette crise se fera au sein de cet hémicycle. Pour la première fois, nous n'allons pas recourir aux armes pour régler nos différends", s'est félicité le chef de l'Etat.

"La Cour a décidé du retour des 15, dont acte. Les décisions judiciaires sont faites pour être respectées sans commentaire", a-t-il ajouté, réclamant un débat d'urgence pour fixer le statut des 15 députés frondeurs, réintégrés au Parlement en vertu d'une décision rendue par la Cour suprême au début du mois.

Sans les députés frondeurs, exclus du parti en janvier pour s'être abstenus lors du vote, le 23 décembre, de la déclaration de politique générale du nouveau Premier ministre Carlos Correia, le PAIGC a perdu sa majorité de 57 sièges sur 102.

Mais leur statut reste à déterminer, puisque la Constitution ne prévoit pas de groupes parlementaires indépendants, selon les analystes politiques.

"La décision du tribunal ne résout pour autant la crise. Nous allons analyser la question et donner une réponse adéquate", a déclaré à ce sujet à l'AFP le chef du groupe parlementaire du PAIGC, Califa Seidi.

La crise a éclaté en août 2015 lors du limogeage par M. Vaz de M. Pereira, son Premier ministre depuis quatorze mois, limogeage rejeté par le PAIGC. D'après leurs entourages, les deux hommes ne s'entendaient pas sur la manière de diriger le pays, notamment au sujet de la corruption.

Elle a semblé se régler avec la nomination comme Premier ministre le 17 septembre 2015 de Carlos Correia, un vétéran du PAIGC, sur proposition de ce parti, avant de se rallumer lors de l'échec de sa déclaration de politique générale en décembre.

Avec AFP

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