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Biden appelle la Russie à libérer immédiatement la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko


Le vice-président des États-Unis Joe Biden

Le vice-président des États-Unis Joe Biden

Le vice-président américain Joe Biden a appelé mardi la Russie à libérer "immédiatement" la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko, qui observe une grève de la faim, estimant que sa détention était "injuste".

"Nadia a été injustement emprisonnée en Russie depuis 2014 et est jugée sur la base de fausses accusations", a-t-il écrit dans un communiqué.

La jeune femme "servait avec fierté son pays en tant que membre des forces armées ukrainiennes, se battant dans l'est du pays lorsqu'elle a été enlevée par des séparatistes et emmenée contre son gré" en Russie en juillet 2014, a-t-il ajouté.

La pilote de 34 ans, accusée du meurtre de deux journalistes russes dans l'est de l'Ukraine, encourt une peine de 23 ans de prison. L'accusation affirme, ce qu'elle nie, qu'elle a guidé les tirs de l'armée ukrainienne sur les deux reporters, tués par un obus de mortier à l'été 2014.

M. Biden a appelé la Russie "à faire le bon choix en abandonnant les charges à son encontre et en la libérant immédiatement".

"Nadia mérite de rentrer chez elle, auprès de sa famille et de ses amis, et de se joindre à ses collègues du Parlement pour commencer à donner forme à une nouvelle Ukraine", a-t-il ajouté.

Mme Savtchenko, considérée dans son pays comme une héroïne nationale, avait été élue députée, en son absence, aux législatives d'octobre 2014.

Le président ukrainien Petro Porochenko avait demandé lundi aux États-Unis et à l'Union européenne d'accroître leurs pressions sur la Russie.

Son procès dans la petite ville russe de Donetsk (non loin de la frontière avec l'Ukraine) avait été abruptement suspendu jeudi dernier. Sans attendre la reprise des audiences le 9 mars, Nadia Savtchenko a entamé jeudi dernier une grève de la faim et de la soif.

L'UE a estimé lundi que son état était "extrêmement inquiétant".

"La Russie est responsable de l'état de santé, du bien-être et du respect des droits de l'Homme de toutes les personnes qu'elle détient", a affirmé une porte-parole de l'UE à Bruxelles.

Les Occidentaux ont en vain multiplié leurs appels à la libération de la pilote depuis son arrestation, survenue selon Moscou en territoire russe.

L'Ukraine devait envoyer mardi une équipe de médecins dans le centre de détention du sud de la Russie où elle est incarcérée, selon une députée du parti du président Porochenko.

"Des diplomates ukrainiens ont pu arracher aux autorités russes un accord pour permettre à nos médecins de (la) voir le 9 mars," a écrit sur Facebook Irina Gerachtchenko, qui négocie les questions humanitaires durant les pourparlers de paix entre l'Ukraine et la Russie à Minsk.

Les partisans de la pilote craignent pour sa vie mais son avocat russe a affirmé que des responsables ukrainiens s'étaient rendus auprès d'elle mardi et n'avaient pas constaté de détérioration visible de son état de santé.

Nadia "est fermement déterminée à faire sa déclaration devant le tribunal mercredi", a affirmé l'avocat, Nikolai Polozov, sur Facebook.

Mais la mère de la pilote, âgée de 78 ans, a dit craindre pour la vie de sa fille.

"J'appelle les dirigeants du monde entier à sauver mon enfant", a déclaré Maria Savtchenko, 78 ans, dans une déclaration par vidéo lundi.

Quelque 300 personnes ont manifesté mardi devant l'ambassade russe à Kiev.

"Poutine ne nous brisera pas", "#LibérezSavtchenko", proclamaient les banderoles.

"Le Kremlin pensait que cette femme se soumettrait et qu'il pourrait dicter ses conditions à l'Ukraine", a déclaré à l'AFP Volodymyr Marouchtchak, un retraité. "Mais l'Ukraine demeurera libre tant qu'elle a des gens comme Savtchenko".

Avec AFP

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