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Bénin : une coalition dénonce le "parachutage" par la France du candidat Zinsou à la présidentielle


Lionel Zinsou, Premier ministre béninois, candidat à la présidentielle de février 2016.

Lionel Zinsou, Premier ministre béninois, candidat à la présidentielle de février 2016.

Menée par l'ancien chef de l'Etat Nicéphore Soglo, la coaltition dénonce, dans un communiqué publié mardi, le "complot politique qui se profile avec la candidature imposée de Lionel Zinsou" et a réclamé des explications de la part de la France sur ce "parachutage".

La coalition est constituée d'hommes politiques et de syndicalistes béninois. Elle conteste le choix du Premier ministre Lionel Zinsou comme candidat du parti au pouvoir à la présidentielle du mois prochain, considérant qu'il s'agit d'un "parachutage" téléguidé par la France, l'ancienne puissance coloniale.

M. Zinsou, banquier d'affaires franco-béninois, avait quitté en juin son poste à la tête d'un des plus gros fonds d'investissement européens pour devenir Premier ministre du Bénin, à la surprise générale, avant d'être désigné, quelques mois plus tard, comme candidat des Forces Cauris pour un Benin Émergent (FCBE, parti au pouvoir) à l'élection du 28 février à laquelle le président Thomas Boni Yayi ne se présente pas.

Normalien, M. Zinsou, 61 ans, a passé une grande partie de sa carrière en France, où il a notamment été la plume de Laurent Fabius quand l'actuel ministre français des Affaires étrangères était Premier ministre. S'il est le neveu de l'ex-président béninois Émile Derlin Zinsou, ses détracteurs lui reprochent de méconnaître ce petit Etat ouest-africain où il a peu vécu.

A ceux qui tentent de remettre en cause la nationalité béninoise de M. Zinsou et sa légitimité en tant que candidat à la présidentielle, Alassani Tigri, porte-parole du gouvernement, avait déjà rétorqué, il y a quelques jours, qu'il s'agissait d'assertions "inadmissibles" et "inqualifiables parce qu'elles font appel aux bas instincts de la haine, du racisme, de la peur et de l'intolérance".

"Notre compatriote indexé par ces propos est un citoyen béninois à part entière. Il est franco-béninois à l'instar de bon nombre de nos concitoyens (...). Aucune loi de la République ne l'exclut de la course à la présidence", avait poursuivi M. Tigri dans un communiqué.

A moins d'une semaine de la date butoir pour le dépôt des candidatures, deux hommes d'affaires ont déjà annoncé se lancer dans la course à la présidence béninoise: Sébastien Ajavon, le patron des patrons, qui a fait fortune dans l'agro-alimentaire, et Patrice Talon, magnat du coton devenu le principal opposant du président Boni Yayi.

Avec AFP

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