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Le difficile apprentissage des langues locales au Bénin


Un professeur enseigne dans une université de Cotonou, Bénin, 25 novembre 2016. VOA/Ginette Fleure Adande

Un professeur enseigne dans une université de Cotonou, Bénin, 25 novembre 2016. VOA/Ginette Fleure Adande

Depuis plus d’une dizaine d’années, le Bénin essaye d’expérimenter l’insertion des langues locales dans l’enseignement mais le projet semble connaitre de nombreuses perturbations car le pays dispose d’un nombre impressionnant de langues et de dialectes.

Dans les grandes villes béninoises notamment Cotonou, Porto Novo et Parakou, la langue officielle, le français, a tendance à supplanter les langues locales, mettant ainsi en péril l’avenir de ces dernières que seules des initiatives pointues et stratégiques de promotion peuvent sauvegarder

Au Bénin, peu d’enfants arrivent à manipuler la langue de leurs géniteurs. Il y a quelques années encore, parler une langue locale à l’école était sanctionnée. Seul le français avait sa raison d’être. Depuis 2006, le gouvernement a lancé une vaste campagne de promotion des langues locales et a initié leur insertion dans l’enseignement au grand bonheur des linguistes.

L’élan du gouvernement a été freiné par de nombreuses difficultés soutiennent des enseignants.

"Nous enseignants, nous avons étudié en français et nous estimons qu’il serait beaucoup plus facile de transmettre le savoir en français. D’un autre côté, c’est un problème économique", explique un enseignant.

D’autres collègues estiment qu’il faudrait beaucoup de patience et de volonté pour surmonter les obstacles à la réelle mise en application de ce programme.

La foultitude de langues et de dialectes existant au Bénin n’arrange pas les choses. Même les apprenants ne sont pas prêts à apprendre une langue qui n’est pas de leur région ou de leur ethnie.

Pour les linguistes, le projet d’insertion des langues maternelles dans l’enseignement manque de stratégies et ne pourrait prospérer que si les Béninois font taire la voix de l’ethnocentrisme, du régionalisme. Mieux, il faudra avoir le bon sens de choisir une langue loin de tout remous politique.

Même avec le recul, Galiou Soglo l’un des ministres de l’alphabétisation qui s’est battu pour le projet pense aujourd’hui que le Bénin n’est pas prêt de voir prospérer la promotion des langues maternelles.

Aujourd’hui force est de constater que les langues nationales ont du mal à cohabiter avec les langues importées sans courir le risque d’être dénaturées

. Très peu de jeunes savent parler correctement les patois de leurs régions. Le chemin semble donc long et une volonté politique non partisane pourrait raccourcir le trajet et comme le Sénégal, le Bénin arrivera à imposer une de ses langues au même titre que le français.

Reportage de Ginette Fleure Adande à Cotonou

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