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Polémique après un appel à ne "pas nourrir les réfugiés" en Belgique


Le camp de migrants connu comme la Jungle de Calais, dans le nord de la France, le mercredi 21 octobre 2015. (AP Photo / Michel Spingler)

Le camp de migrants connu comme la Jungle de Calais, dans le nord de la France, le mercredi 21 octobre 2015. (AP Photo / Michel Spingler)

Le gouverneur de la province de Flandre occidentale est au cœur d'une polémique après avoir lancé un appel à ne "pas nourrir les réfugiés" qui ont quitté par dizaines les camps de Calais et Dunkerque pour le port belge de Zeebruges, d'où ils espèrent rejoindre plus facilement l'Angleterre.

"Ne nourrissez pas les réfugiés, sinon d'autres viendront", avait lancé lundi sur une radio flamande le gouverneur, le chrétien-démocrate Carl Decaluwé, représentant de l'Etat fédéral dans la province côtière de l'ouest du royaume.

Le message s'adressait en particulier aux habitants de Zeebruges, dont certains avaient apporté de la nourriture à des migrants pendant le week-end.

Son appel, qui a été comparé à une "interdiction de nourrir les canards ou les mouettes" par des médias belges, a visiblement eu un effet contreproductif puisque des bénévoles ont distribué mardi soir un repas chaud à quelque 35 migrants, selon le quotidien flamand Het Laatste Nieuws.

"Et la charité, ça ne compte plus pour un gouverneur qui s'est toujours présenté comme chrétien-démocrate ?", s'est interrogé Ronny Blomme, un habitant de Zeebruges cité par le journal.

Dave Sinardet, politologue belge et professeur de science politiques à la Vreij Universiteit de Brussels, explique sur VOA Afrique pourquoi cette localité de Zeebruges est devenue célèbre ces derniers jours.

"Un nombre croissant de migrants tente leur chance ces jours ci depuis Zeebruges pour rejoindre la Grande Bretagne car les contrôles y seraient moins sévères qu’à Calais ou Dunkerque", dit-il

"Si nous ne les aidons pas, nous les poussons encore plus profondément dans l'illégalité et dans les mains des passeurs", a réagi Médecins du Monde.

"Decaluwé a raison. On ferait mieux de les envoyer à Bruxelles, sinon nous aurons un deuxième Calais à Zeebruges", a toutefois estimé un autre habitant du quartier, cité dans Het Laatste Nieuws.

Le gouverneur s'inquiète, comme de nombreux élus locaux, du nombre croissant de migrants ayant quitté les camps de Calais et Dunkerque, dans le nord de la France, pour tenter leur chance depuis Zeebruges, où les contrôles sont réputés moins sévères. Le sujet a d'ailleurs été évoqué lundi à Bruxelles lors du "mini-sommet" gouvernemental franco-belge.

Selon les médias belges, ils sont actuellement quelques dizaines à loger à la belle étoile au pied d'une église de la localité ou dans les dunes bordant la zone portuaire.

"Je ne tolérerai pas qu'à Zeebruges et dans les environs s'installent des camps de tentes comme à Calais", avait averti le mois dernier le ministre belge de l'Intérieur, Jan Jambon.

"Les migrants ne veulent pas non plus d'un Calais bis", a répliqué l'ONG belge Ciré. "La meilleure manière d'éviter les jungles est de permettre aux migrants de circuler de manière sûre et légale entre la France, la Belgique et la Grande-Bretagne, afin de permettre l'exercice du droit d'asile et la réunification des familles séparées", a ajouté l'association.

Avec AFP

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