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Barrage éthiopien sur le Nil : accord sur un arbitrage par deux groupes français


Une vue générale du barrage Grand Renaissance de l'Ethiopie en construction aperçu au cours d'une tournée médiatique le long du fleuve Nil à Benishangul Gumuz, Guba woreda, Ethiopie, 31 mars 2015.

Une vue générale du barrage Grand Renaissance de l'Ethiopie en construction aperçu au cours d'une tournée médiatique le long du fleuve Nil à Benishangul Gumuz, Guba woreda, Ethiopie, 31 mars 2015.

Karthoum, Le Caire et Addis Abeba recourent à l’expertise française sur le barrage éthiopien controversé sur le Nil.

Le chef de la diplomatie soudanaise Ibrahim Ghandour a indiqué mardi à l'issue d'une réunion à Khartoum que les ministres des Affaires étrangères et de l'Eau et de l'Irrigation de ces trois pays étaient "tombés d'accord sur l'arbitrage de BRL et d'Artelia".

Les deux groupes français d'ingénierie vont aider les trois pays à surmonter leurs divergences sur un barrage controversé construit par l'Ethiopie sur le Nil.

"BRL fera 70% des études et le reste sera confié à Artelia", a précisé à l'AFP le ministre soudanais de l'Eau et de l'Electricité, Moutaz Moussa Salim. "Ces deux bureaux vont entamer début février 2016 leurs études pour une durée de six mois et leur arbitrage sera accepté par les trois pays", a-t-il ajouté.

L'Ethiopie construit depuis 2012 un immense barrage hydro-électrique sur le Nil bleu et en dépit de onze sessions de négociations depuis cette date, les trois pays n'ont pas réussi à surmonter leurs différends sur la part des eaux de chacun.

L'Egypte, qui tire du Nil environ 90% de son eau et craint que ce barrage n'en affecte le débit, insiste sur ses "droits historiques" sur le fleuve, garantis par des traités datant de 1929 et 1959. Ceux-ci lui accordent, ainsi qu'au Soudan, des droits sur 87% du débit du Nil.

Le Nil bleu rejoint le Nil blanc à Khartoum pour former le Nil qui traverse le Soudan et l'Egypte avant de se jeter dans la Méditerranée.

L'Ethiopie doit inaugurer en 2017 ce barrage surnommé "Grande renaissance" et présenté comme le plus grand d'Afrique. Sa capacité, annoncée à 6.000 mégawatts, doit mettre le pays à l'abri des insuffisances énergétiques entravant son développement.

Quand l'Ethiopie avait commencé les travaux en 2012, Le Caire avait manifesté son mécontentement en se retirant de l'Initiative du Bassin du Nil (NBI) qui regroupe les dix États riverains du fleuve. L'Egypte a toutefois réintégré la NBI en février.

En mars, lors d'une rencontre à Khartoum avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et son homologue soudanais Omar el-Béchir, le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn avait affirmé que la construction du barrage "ne nuira pas à nos trois Etats, et en particulier au peuple égyptien".

Avec AFP

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