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Ban Ki-moon appelle à une ratification du Traité d'interdiction des essais nucléaires


Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon lors d’une conférence de presse tenue après la Conférence de Genève sur la prévention extrémisme violent, au siège européen des Nations Unies à Genève, Suisse, 08 avril 2016. epa/ MARTIAL TREZZINI

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon lors d’une conférence de presse tenue après la Conférence de Genève sur la prévention extrémisme violent, au siège européen des Nations Unies à Genève, Suisse, 08 avril 2016. epa/ MARTIAL TREZZINI

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a appelé les Etats-Unis, la Chine et six autres puissances à ratifier "sans délai" le Traité d'interdiction des essais nucléaires, toujours lettre morte vingt ans après son adoption.

Ratifié par 164 pays dont le Russie, la France et la Grande-Bretagne, ce traité conclu en 1996 voit son entrée en vigueur suspendue par l'absence de ratification de huit Etats, dont les Etats-Unis et la Chine.

"J'appelle les Etats restants, les huit Etats restants, à signer et à ratifier le traité sans délai", a déclaré M. Ban à l'occasion d'une cérémonie à Vienne.

"Les essais nucléaires empoisonnent les eaux, provoquent des cancers et polluent avec des retombées radioactives pour des générations et des générations", a ajouté le patron de l'ONU, en appelant à "mettre fin à cette folie".

Outre les Etats-Unis et la Chine, l'Egypte, l'Iran et Israël ont signé le traité mais ne l'ont pas ratifié. Trois autres Etats, l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord doivent de plus signer et ratifier le traité pour qu'il puisse entrer en vigueur.

Pilote dans la négociation, l'administration du président américain Bill Clinton avait vu le processus de ratification bloqué par le Congrès en 1999.

Dix ans plus tard, en 2009, son successeur Barack Obama avait promis de faire de cette ratification sa priorité. Mais il s'est lui aussi heurté aux réticences du Congrès, aujourd'hui dominé par l'opposition républicaine.

Le principal argument des opposants à une ratification, l'impossibilité de vérifier que les autres parties respectent le traité est aujourd'hui caduc, l'ONU ayant déployé un réseau sophistiqué de senseurs pour détecter la moindre explosion suspecte, souligne l'analyste Daryl Kimball, de l'organisation américaine Arms Control Association.

Depuis 1998, année où l'Inde et le Pakistan ont procédé à deux essais chacun, seule la Corée du Nord viole le traité, avec quatre essais revendiqués en 2006, 2009, 2013 et le 6 janvier dernier.

Mais ce quasi moratoire de fait "ne remplacera jamais l'obligation légale que représente le Traité d'interdiction des essais nucléaires", a souligné M. Ban.

Au total, plus de 2.000 essais nucléaires ont été effectués depuis 1945. Le dernier essai de la Russie (alors URSS) remonte à 1990, celui de la Grande-Bretagne à 1991, celui des Etats-Unis à 1992, ceux de la Chine et de la France à 1996.

Avec AFP

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