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Prise d'otages dans un hôtel de Bamako : l'assaut a été donné


Des personnes fuient le Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre 2015. (AP Photo/Harouna Traore)

Des personnes fuient le Radisson Blu de Bamako, le 20 novembre 2015. (AP Photo/Harouna Traore)

Trois personnes au moins ont été tuées et des dizaines ont déjà été libérées lors de l'assaut contre l'hôtel Radisson de Bamako où 170 otages seraient retenus par plusieurs assaillants.

Les forces spéciales maliennes ont donné, vendredi 20 novembre, l'assaut contre l'hôtel Radisson de Bamako, théâtre d'une prise d'otages depuis le matin.

Environ 80 otages, sur les 170 personnes retenues ont été libérés, a annoncé la télévision publique malienne ORTM.

"Nos forces spéciales ont libéré une trentaine d'otages et d'autres ont pu s'échapper tout seuls", a déclaré de son côté à l'AFP le ministre de la Sécurité", le colonel Salif Traoré, sans autre précision.

"Trois otages ont été tués", avait affirmé un peu plus tôt à l'AFP le porte-parole du ministère malien de la Sécurité intérieure, précisant que les nationalités étaient en cours de vérification.

Selon l'AFP, les assaillants sont au nombre de "deux ou trois". Selon le ministère de la Sécurité joint par VOA vendredi midi, deux assaillants se trouvaient dans une voiture, et un autre était déjà l'enceinte du bâtiment. Mais des témoins font état d'une "dizaine d'assaillants" armés et selon le correspondant de VOA Afrique, il pourrait y en avoir plus que trois.

Des tirs d'armes automatiques ont résonné dans ce grand hôtel de 190 chambres prisé par la clientèle internationale, où les assaillants retenaient 170 personnes, "140 clients et 30 employés", selon le groupe hôtelier Rezidor, qui gère le Radisson Blu.

IBK quitte la capitale tchadienne

Le président malien Ibrahim Boubakar Keita, qui se trouvait à N'Djamena pour une réunion régionale consacrée au terrorisme dans le Sahel a quitté vendredi la capitale tchadienne à la suite de l'attaque d'un grand hôtel de Bamako, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je déplore ce qui se passe au Mali. Les forces maliennes se sont déployées pour libérer les otages", a-t-il déclaré à la presse avant son départ pour l'aéroport. "Déjà quelques otages ont été libérés. Je lance un appel au calme et à la sérénité au peuple malien", a-t-il ajouté.

L'assaut dans ce pays du Sahel régulièrement en proie à des violences jihadistes survient une semaine exactement après les attaques meurtrières revendiquées par le groupe Etat Islamique qui ont fait 129 morts à Paris.

Voiture munie d'une plaque diplomatique

Les assaillants sont rentrés dans l'enceinte de l'hôtel au même moment qu'une voiture munie d'une plaque diplomatique, sur laquelle ils ont ouvert le feu, selon le ministère, rectifiant une précédente information selon laquelle ils seraient arrivés à bord du véhicule diplomatique.

Outre des policiers et militaires maliens, des forces spéciales de la gendarmerie sont arrivées sur les lieux, où étaient également visibles des membres de la force de l'ONU au Mali, la Minusma, et des forces françaises Barkhane, selon un photographe de l'AFP également présent sur les lieux.

Plusieurs ressortissants étrangers résidaient dans l'hôtel avant l'attaque. Leur nombre et nationalités n'étaient pas connus dans l'immédiat.

Mais selon l'agence Chine nouvelle, au moins sept touristes chinois se trouvent parmi les personnes retenues en otages. En outre, six membres de la compagnie aérienne turque Turkish Airlines (THY) se trouvent dans l'hôtel, a indiqué une source gouvernementale turque à l'AFP.

"Cible évidente pour les terroristes"

Un consultant français ayant requis l'anonymat qui descend régulièrement au Radisson, a estimé qu'il s'agissait "d'une cible évidente pour les terroristes".

"Le Radisson se trouve à un carrefour, l'une des rues étaient bloquées. Le contrôle est assuré par les gardiens privés. Ils passaient le détecteur de métaux sous les voitures. J'avais remarqué que lorsqu'ils connaissaient ils ne le passaient plus," a poursuivi cette même source.

Les personnels civils de la Minusma ont reçu un ordre de confinement et l'ambassade américaine à Bamako a appelé dans un tweet "ses ressortissants à rester à l'abri, et à respecter les instructions des autorités locales".

En août, une attaque contre un hôtel à Sévaré, près de Mopti (entre), avait fait au total 13 morts, dont quatre parmi le personnel d'une société sous-traitante de la Minusma.

Les attaques djihadistes se répandent au Mali

Le 7 mars, un attentat contre un bar-restaurant à Bamako avait coûté la vie à 5 personnes, dont un Français et un Belge. Il s'agissait de la première attaque de ce type perpétrée dans la capitale du Mali.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ils y ont été dispersés et en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l'année vers le centre, puis à partir de juin au sud du pays.

Dans un enregistrement remontant à octobre et récemment authentifié, le chef du groupe jihadiste Ansar Dine, allié d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Iyad Ag Ghaly, avait appelé à poursuivre la lutte contre la France.

Avec AFP

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