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Bahreïn : l’armée verrouille Manama après le raid de jeudi


Des chars de combat positionnés près de la place de La Perle, à Manama

Des chars de combat positionnés près de la place de La Perle, à Manama

Le ministre des Affaires étrangères de Barhrein, Sheikh Khalid bin Ahmed Khalifa, a justifié la violente répression des manifestants de la place de La Perle. Ces derniers, à majorité chiites, « polarisaient le pays » et le poussait « au bord d’un abysse sectaire », a-t-il déclaré.

L’armée bahreïnie a pris contrôle, jeudi, de Manama, la capitale suite au raid de la police anti-émeute contre le camp des manifestants anti-gouvernementaux de la Place de La Perle, faisant au moins cinq morts et plus de 230 blessés. Les policiers, qui sont intervenus à l’aube, ont fait usage de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogène contre les protestataires.

Des chars de combat et des véhicules de transport de troupes ont investi Manama. Des militaires lourdement armés patrouillent les rues de la ville et y ont érigé des postes de contrôle.

Une victime du raid de jeudi

Une victime du raid de jeudi

Le ministère bahreïni de l’Intérieur a averti les habitants de Manama par SMS de rester chez eux. Les banques et autres établissements n’ont pas ouvert. L’armée a interdit toute réunion publique.

Le ministre des Affaires étrangères, Sheikh Khalid bin Ahmed Khalifa, a justifié la violente répression des manifestants de la place de La Perle. Ces derniers, à majorité chiites, « polarisaient le pays » et le poussaient « au bord d’un abysse sectaire », a-t-il déclaré.

Selon le ministère de la Santé, trois personnes ont été tuées dans le raid contre la place de La Perle. Mais selon les médecins, au moins deux autres ont succombé et de nombreuses autres sont dans un état critique.

Un manifestant blessé à Diraz,le 14 février

Un manifestant blessé à Diraz,le 14 février

Les législateurs du parti chiite al-Wefaq, le plus important bloc d’opposition, ont démissionné en masse après les heurts de jeudi. Ces députés, qui occupent 18 des 40 sièges du Parlement, avaient déjà fait savoir qu’ils ne siègeraient pas tant que le roi Hamad bin Isa al-Khalifa ne conviendra pas de transformer le pays en monarchie constitutionnelle, avec un gouvernement élu.

Bahrein souffre de « problèmes structurels », estime Mohammed Reza Djalili, ancien professeur de l’université de Genève. « Ce petit pays est peuplé à 70% de chiites et le pouvoir, depuis le 17e siècle, est toujours aux mains des émirs ou des cheikhs et, aujourd’hui, un roi sunnite », a-t-il relevé.

Parmi les réclamations de la population, le professeur Djalili cite « une participation plus forte, non seulement aux décisions politiques à travers un système parlementaire, mais aussi avoir des postes à responsabilité, et que le pouvoir abandonne un petit cette politique de sunnitisation totale des administrations et des affaires. »

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