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Baba Laddé extradé au Tchad


Des officiers de la police tchadienne

Des officiers de la police tchadienne

L'ancien chef rebelle tchadien Abdel Kader Baba Laddé, arrêté en Centrafrique début décembre, a été extradé au Tchad, révèlent les sources judiciaires à N'Djamena.

Baba Laddé a été remis aux autorités de son pays dans la nuit de vendredi à samedi. Il a été présenté au procureur puis à un juge d'instruction lundi, selon la même source, précisant que "le Tchad a envoyé une demande d'extradition à la République centrafricaine sur la base d'un accord de coopération judiciaire qui existe entre les deux pays".

"Baba Laddé est poursuivi pour détention illégale d'armes, association des malfaiteurs, rébellion, incendie volontaire de villages, viols, mise en danger de la vie de ses compatriotes", selon cette source. Une information judiciaire a été ouverte.

Baba Laddé, qui avait fondé le Front populaire pour le rassemblement (FPR), avait pris les armes au Tchad en 1998, puis s'était réfugié en Centrafrique après avoir été pourchassé par l'armée tchadienne en 2008.

Se présentant souvent comme un "justicier", il avait sévi dans le centre du pays jusqu'en 2012, lorsque ses bases avaient été attaquées conjointement par les armées tchadienne et centrafricaine.

Après des négociations avec les Nations unies, le chef rebelle avait accepté de se rendre en septembre 2012, puis de rentrer à N'Djamena.

Revenu à la légalité dans son pays, il a même été nommé préfet du département de la Grande Sido, dans le sud du Tchad, par décret présidentiel en juillet 2014. Mais, démis de ses fonctions fin novembre, il s'est enfui à nouveau en direction de la Centrafrique voisine et était depuis lors recherché par les autorités tchadiennes.

Le 10 décembre, la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca) avait annoncé son arrestation par des Casques bleus à Kabo, dans le nord de la RCA.

Selon une source au sein des forces internationales, Baba Laddé était alors "à la tête d'une quarantaine d'hommes lourdement armés et il se faisait passer pour un officier de l'ex-Seleka", espérant bénéficier de "mesures de confiance" accordées à l'ex-rébellion centrafricaine à dominante musulmane qui avait pris le pouvoir en 2013 à Bangui avant d'en être chassée début 2014.

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