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Des kiosques solaires pour connecter la population et lutter contre le chômage au Rwanda


Le Rwandais Henri Nyakarundi (au centre), entouré de deux membres de son équipe, est l'inventeur du kiosque solaire, à Kigali, au Rwanda, le 25 janvier 2017.

Alors qu'il marche dans les rues de Kigali, Henri Nyakarundi est frustré de ne pas pouvoir charger son téléphone. Cinq ans plus tard, il revient de son pays avec une invention : un kiosque solaire permettant de recharger son téléphone et de se connecter à l'internet, autogéré par un entrepreneur.

Henri Nyakarundi est né au Rwanda en 1978. Après le génocide, sa famille part s'installer au Burundi en 1996. Il n'y restera qu'une année, avant de partir faire ses études d'informatique aux Etats-Unis, dans une université de Géorgie.

Quand il revient à Kigali pour la deuxième fois de sa vie en 2008, il n'en revient toujours pas. "Tout le monde avait un portable dans la main", se rappelle-t-il, étonné d'un tel changement depuis sa dernière visite, sept ans plus tôt. "Mais je n'avais nulle part pour charger mon portable comme j'en avais envie".

"Les études, c'était très important pour ma famille, et je me rappelle que l'entrepreneuriat n'était pas très bien vu donc on poussait à faire des études et acquérir un bagage intellectuel", se remémore-t-il.

"Mais j'ai toujours eu le goût de l'entrepreneuriat".

Un modèle du kiosque solaire inventé par Henry Nyakarundi.

Un modèle du kiosque solaire inventé par Henry Nyakarundi.

"J'étais naïf sur le processus"

Quand il revient à Kigali, une idée lui trotte dans la tête. Est-ce qu'il existerait un objet qui permettrait de charger son portable dans la rue ? Après de vaines recherches, il commence à imaginer un objet, qui deviendra quatre ans plus tard le kiosque à énergie solaire.

Il crée alors le projet Ared (African renewable energy distributor) et se lance dans la chasse aux investisseurs.

"Au début, j'ai été naïf sur le processus, ça a été extrêmement difficile car il faut un capital énorme et une bonne expertise!", assure Henri.

"Ça a finalement pris trois années pour développer le concept", explique l'inventeur. Entre 2010 et 2013, il réussit à réunir pas loin de 500 000 dollars pour lancer la fabrication.

Un kiosque solaire à Kigali, au Rwanda, le 14 février 2017.

Un kiosque solaire à Kigali, au Rwanda, le 14 février 2017.

Une invention pour lutter contre le chômage

Après avoir trouvé l'utilité de l'objet, Henry souhaitait aussi rendre : "Nous sommes une entreprise sociale ; nous souhaitions combattre le chômage des jeunes et des handicapés" avec un concept qui utilise des énergies renouvelables.

Pour Henri, le micro-entrepreneuriat est la solution face au chômage au Rwanda. L'Ared recrute et forme les futurs gérants qui doivent s'acquitter d'environ 50 dollars pour les hommes, 25 dollars pour les femmes, pour commencer à exploiter le kiosque.

Ils peuvent offrir le chargement de 30 téléphones à la fois, et tous les bénéfices leur sont propres. D'autres services sont également proposés : paiement de factures, des impôts et un accès à l'intranet pour consulter ses e-mails.

Les kiosques offrent aussi l'accès aux informations et à la radio.

De son côté, l'Ared tente de monétiser grâce à de la publicité installée sur les kiosques. Pour l'instant, 25 kiosques sont présents au Rwanda.

Le plus important pour Henri Nyakarundi, est que l'invention soit " un modèle qui a un impact social".

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