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Les autorités éthiopiennes renoncent à un plan d'urbanisme controversé près d’Addis Abeba


Vue de la capitale éthiopienne Addis Abeba

La décision des autorités éthiopiennes est tombée après deux mois de manifestations contre le plan d'urbanisme. Des manifestations qui ont été violemment réprimées dans la région Oromia.

"Le parti OPDO, qui dirige la région Oromia, a décidé d'abandonner le projet", a déclaré à l'AFP le ministre éthiopien de la Communication et porte-parole du gouvernement, Getachew Reda.

L'Organisation démocratique du Peuple oromo (OPDO), membre de la toute-puissante coalition du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF), au pouvoir depuis 1991 en Ethiopie, "a décidé l'arrêt du projet car son propre peuple a soulevé des questions et protesté", a poursuivi le ministre, niant que le plan initial était d'étendre la capitale à la région Oromia.

Début janvier, Human Rights Watch (HRW) a accusé la police d'avoir tiré sur des manifestants "généralement pacifiques" et d'avoir tué au moins 140 personnes. Le bilan officiel du gouvernement éthiopien est de cinq morts. HRW a estimé que cette crise pourrait être la plus grave en Ethiopie depuis les violences post-électorales de 2005 qui avaient fait quelque 200 morts.

Les manifestations contre le gouvernement sont rares en Ethiopie où l'opposition est famélique et où l'EPRDF, qui monopolise avec de petites formations alliées tous les sièges à l'Assemblée nationale, est accusé d'étouffer toute contestation.

Selon la télévision d'Etat EBC (Ethiopian Broadcasting Corporation), le comité central de l'OPDO - qui détient l'ensemble des sièges du Parlement régional d'Oromia - a pris cette décision après trois jours de discussions.

Le plan d'urbanisme avait suscité des craintes d'expropriation de fermiers oromo - le plus important groupe ethnique du pays - de leurs terres et déclenché en novembre, à l'initiative d'étudiants, des manifestations violemment réprimées.

Forte de 27 millions d'habitants, l'Oromia encercle Addis Abeba et s'étend sur de larges parties de l'ouest, du centre, de l'est et du sud du pays. Elle a sa propre langue, l'oromo, distincte de l'amharique, langue du peuple amhara et de l'administration.

Des craintes d'accaparement de terres par le gouvernement avaient déjà déclenché des manifestations en Oromia en avril et mai 2014 et la police avait déjà été accusée alors d'avoir ouvert le feu et tué des dizaines de manifestants. Les autorités n'avaient fait état que de 8 morts.

En octobre dernier, Amnesty International avait accusé les autorités éthiopiennes d'abus systématiques - arrestations arbitraires, détentions illégales, torture, exécutions extra-judiciaires - contre les Oromo, perçus comme hostiles au gouvernement.

Avec AFP

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