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Difficile reconversion des anciens enfants soldats au Sud-Kivu


Ex-enfants soldats apprenant la mécanique avec la fondation Solidarité des hommes à Bukavu, en RDC, le 14 octobre 2016. (VOA/Ernest Muhero)

Ex-enfants soldats apprenant la mécanique avec la fondation Solidarité des hommes à Bukavu, en RDC, le 14 octobre 2016. (VOA/Ernest Muhero)

Dans l’est de la RDC, la réinsertion sociale de milliers d’enfants sortis des milices et forces armées, obligés de se droguer et forcés à tuer, reste l’un des défis majeurs après les ravages des conflits armés.

À Bukavu, des organisations non gouvernementales soutenues par l'Unicef tentent d'aider ces victimes des conflits à devenir des adultes utiles à la société.

Les guerres et les nombreux conflits armés en RDC ont créé, depuis 1996, une catégorie d’enfants incorporés de force au sein des milices et forces armées pendant les différentes guerres et rebellions.

Ces enfants vident le rang de l’armée régulière mais sont encore identifiés dans des milices et groupes armés, 20 ans après, selon le Lieutenant-colonel Floribert Mufungizi, commandant du service d’éducation civique patriotique et d’action social au sein de l’armée au Sud-Kivu.

"Une fois que l'enfant est confirmé mineur, sans condition, nous le prenons pour commencer son insertion", explique-t-il.

Le Bureau pour le volontariat au service de l'enfance et de la santé (BVES) estime que 50 000 ex-enfants soldats ont été démobilisés et réinsérés dans la communauté ces quinze dernières années.

Les ex-enfants soldats apprennent la menuiserie chez FSH à Bukavu, en RDC, le 14 octobre 2016. (VOA/Ernest Muhero)

Les ex-enfants soldats apprennent la menuiserie chez FSH à Bukavu, en RDC, le 14 octobre 2016. (VOA/Ernest Muhero)

Un ex-enfant soldat de 14 ans, encadré depuis 2015 au BVES, explique le calvaire qu’il a traversé, après avoir été incorporé de force à 11 ans dans une milice en territoire de Shabunda.

"Ils m'ont attrapé alors que je chassais près de mon village. On m'a donné une 'potion magique' et j'ai intégré le groupe armé, car sinon ils m'auraient tué. On a fait des choses pas correctes", témoigne le jeune garçon.

Il explique qu'il souhaite apprendre un métier, "qui sait ? Peut-être, je serai un enseignant ou un médecin dans mon village".

Ces mineurs sont privés de leur enfance. Pour l'ONG, la mission première est de les reconstruire et leur redonner goût à la vie.

"La plupart des enfants reviennent d'une situation très sauvage. On commence avec des programmes d'aides sociales. On emmène les filles dans des locaux médicaux, 100% d'entres elles étaient des esclaves sexuelles", confie Murhabazi Namegabe, membre du BVES, parlant d'un travail extrêmement complexe.

Dans le centre d’apprentissage, Ephrem Mukungu, ex-enfant soldat, est devenu mécanicien. En 2011, il a été embrigadé de force à 15 ans dans une milice armée en territoire de Walungu. Il a réussi à s’échapper et a été récupéré par la fondation Solidarité des hommes.

"Je vis de mieux en mieux car la peur commence à partir", témoigne-t-il, "et j'espère que pourra Solidarité des hommes sortir d'autres enfants de cela car ce n'est pas une vie".

Reportage Ernest Muhero, à Bukavu

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