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Au moins quatre civils sont morts dans de violents affrontements au Burundi


Un cadavre dans la rue à Bujumbura, le 21 juillet 2015. (AP Photo/Jerome Delay)

Un cadavre dans la rue à Bujumbura, le 21 juillet 2015. (AP Photo/Jerome Delay)

Trois corps ont été retrouvés à Ngagara, et un autre civil a été tué dans le quartier de Kanyosha, selon la police, qui accuse les insurgés d'avoir lancé des grenades dans la nuit de samedi à dimanche.

Au moins quatre civils ont été tués à Bujumbura, au cours de violents affrontements qui ont opposé dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22 novembre les forces de l'ordre aux insurgés armés qui combattent le pouvoir du président Pierre Nkurunziza, selon la police et des témoins.

D'après ces sources, deux civils et trois policiers ont également été blessés.

Selon le porte-parole adjoint de la police, Moïse Nkurunziza, tout a commencé quand la police est allée arrêter un groupe de jeunes qui tenaient une réunion pour préparer une attaque à la grenade, dans un bar de Ngagara, un quartier contestataire du nord de la capitale burundaise.

"Les policiers se sont faits tirer dessus par des criminels armés qui ont également lancé des grenades", puis la violence s'est répandue comme une traînée de poudre de quartier en quartier, a-t-il poursuivi, citant notamment Nyakabiga, Jabe et Bwiza (centre), et les quartiers de Musaga et Kanyosha dans le sud.

Le correspondant de VOA Afrique à Bujumbura, Christophe Nkurunziza, joint vers 23 h locales samedi, rapporte ce qu'il a entendu :

"Le matin, nous avons trouvé trois cadavres de civils à Ngagara où il y a eu trois blessés -deux civils et un policier- alors qu'un autre civil a été tué dans le quartier de Kanyosha (sud) et deux autres policiers ont été blessés par l'explosion d'une grenade à Musaga (sud)", a détaillé le porte-parole adjoint de la police.

Armes automatiques, mitrailleuses, mortier

Selon plusieurs habitants contactés par téléphone, cette flambée de violence a duré plus de deux heures et a été ponctuée de tirs d'armes automatiques et de mitrailleuses, d'une quinzaine d'explosion de grenades et d'obus de mortier.

"Les responsables de cette insécurité sont des bandes armées non identifiées (...), et la police est intervenue pour mettre fin à toute cette violence", a assuré à l'AFP Moïse Nkurunziza.

Depuis plusieurs mois, les affrontements violents entre des insurgés, issus de la contestation du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza, et les forces de l'ordre se sont multipliés à Bujumbura, malgré une campagne de désarmement forcé lancée il y quelques semaines.

Au moins sept personnes ont été tuées dans de tels affrontements dans plusieurs quartiers de Bujumbura dans la nuit de dimanche à lundi. Deux jours plus, deux obus de mortier tirés depuis les collines surplombant Bujumbura ont explosé à quelques centaines de mètres de l'enceinte abritant le palais présidentiel, sans faire de victime, ont indiqué à l'AFP plusieurs sources diplomatiques, ce qui a été démenti par le porte-parole de la police.

Le pouvoir burundais a récemment indiqué avoir récupéré une vingtaine d'armes lors des opérations de fouille des quartiers contestataires, parlant de "succès", alors que selon de nombreux témoignages, les armes y pullulent désormais.

Selon les contestataires, la Constitution et l'accord d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile (1993-2006) interdisent à M. Nkurunziza d'effectuer un troisième mandat.

La répression de six semaines de manifestations populaires, l'écrasement d'une tentative de coup d'Etat militaire et la réélection en juillet de M. Nkurunziza n'ont pas empêché l'intensification des violences, désormais armées.

Avec AFP

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