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Au moins dix morts lors des manifestations pro-Biafra au Nigeria


Un homme porte un drapeau pro-Biafra lors d'un défilé dans le village de Ekwe, près de Enugu, au sud-est du Nigeria.

Un homme porte un drapeau pro-Biafra lors d'un défilé dans le village de Ekwe, près de Enugu, au sud-est du Nigeria.

Ces militants pro-Biafra auraient été tués alors qu'ils manifestaient le 30 mai pour fêter la date anniversaire de la proclamation de l'indépendance de la région.

Au moins dix personnes ont été tuées dimanche et lundi lors de manifestations de militants pro-Biafra qui marquaient l'anniversaire du début de la guerre civile en 1967 et contre lesquelles la police a ouvert le feu, a annoncé mardi la police nigériane.

Un porte-parole de la police de l'Etat d'Anambra (sud-est) a indiqué à l'AFP que "cinq corps avaient été retrouvés" dans la capitale Onitsha. Dans l'Etat voisin du Delta, cinq personnes ont été tuées selon la police.

Dans cet Etat du Delta, la police dit avoir ouvert le feu parce que des membres du mouvement Peuple indigène du Biafra (IPOB) avaient tiré sur les forces de sécurité déployées à l'occasion des manifestations.

"Nous avons déployé nos agents pour nous assurer que la manifestation se passe dans le calme mais nous avons été surpris par la violence des manifestants", a affirmé Charles Muka, porte-parole de la police de l'Etat du Delta.

Mais le porte-parole de l'IPOB, Anayo Chukwu-Okpara, a nié ces accusations, et affirmé qu'au moins 35 membres de l'IPOB avaient été tués à Onitsha.

Des violences ont également émaillé les manifestations dans les capitales des Etats de Imo, Ebonyi, Abia et River.

Le chef de l'IPOB, l'indépendantiste Nnamdi Kanu, est toujours en détention dans l'attente de son procès pour "trahison" depuis son arrestation en octobre 2015.

Son arrestation et le refus du gouvernement de le libérer sous caution malgré plusieurs décisions de justice en ce sens, ont provoqué une vague de protestations à travers tout le sud-est du Nigeria et relancé les appels à l'indépendance du Biafra.

Prince Emmanuel Kanu, le frère de Nnamdi Kanu, a déclaré à l'AFP à propos du rassemblement à Onitsha que les manifestants "n'étaient pas armés". "Notre seul crime a été de nous rassembler à la mémoire des personnes tuées entre 1967 et 1970", a-t-il déploré.

Il a en outre accusé la police d'avoir tué 20 personnes dimanche soir lors d'un premier rassemblement à Onitsha, et d'avoir ensuite tué 16 personnes et blessé une cinquantaine d'autres lundi lors de la manifestation toujours à Onitsha. "Ils (la police, NDLR) ont bloqué les manifestants, puis ils ont commencé à nous tirer dessus, ils ont tiré sur 56 personnes, qui sont blessées", a-t-il affirmé.

Mardi, le chef de la police fédérale nigériane, Solomon Arase, a prévenu que tout membre de l'IPOB qui serait découvert en possession d'une arme serait arrêté et jugé.

La police "continuera à travailler d'arrache-pied afin d'éliminer toute menace sur la sécurité intérieure" du pays, a-t-il déclaré.

La sécession du Biafra, sept ans après l'indépendance du Nigeria, avait débouché sur un conflit féroce de trois ans (1967-70) et la mort d'environ un million de personnes, beaucoup ayant succombé à la maladie et à la famine.

L'IPOB n'a jamais cessé de réclamer la sécession de cette région majoritairement peuplée d'Igbos, une des trois grandes ethnies du Nigeria, qui se sent lésée par le pouvoir central en termes d'infrastructures, de santé, d'éducation.

Avec AFP

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