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Au moins dix fosses communes au Kasaï, selon l'ONU


Un groupe de femmes regardent les équipes de secours qui ramassent des corps après un accident de train à Kananga, Kasaï occidental, 4 août 2007.

Les enquêteurs de l'ONU ont dénombré au moins dix fosses communes liées aux violences qui secouent depuis septembre le Kasaï-central, dans le centre de la République démocratique du Congo, selon le Bureau conjoint de l'ONU aux droits de l'Homme en RDC.

"Nous avons communiqué au gouvernement [congolais] la présence de sept fosses communes dans le territoire de Demba [...] et trois fosses communes à Tshimbulu", a déclaré Barbara Matasconi, agent du BCNUDH, au cours d'une conférence de presse à Kinshasa.

Demba et Tshimbulu sont deux territoires du sud de la province du Kasaï-central, où est née en septembre la rébellion Kamwina Nsapu, avant de s'étendre à trois provinces voisines.

"Depuis l'année dernière, [le BCNUDH enquête] sur des allégations de présence de fosses communes principalement dans le Kasaï-central et à moindre mesure dans le Kasaï-oriental", a indiqué Mme Matasconi, ajoutant que des "allégations très sérieuses" sur l'existence d'autres fosses communes restaient à "confirmer".

Le 8 mars, le haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait fait état de la découverte de trois charniers au Kasaï. Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, avait reconnu "l'existence de plus de trois fosses communes" dans la région, sans préciser l'identité des personnes tuées et ni les auteurs des tueries.

La rébellion Kamwina Nsapu porte le nom d'un chef coutumier local entré en conflit avec le pouvoir central et tué par les forces de l'ordre en août. Elle a été accusée par l'ONU de recruter des enfants et d'avoir commis de nombreuses atrocités. En face, les forces de l'ordre se voient régulièrement reprocher par les Nations unies de faire un usage disproportionné de la force contre des miliciens armés essentiellement de bâtons et de lance-pierres.

Depuis le début de la rébellion, les violences ont fait au minimum 400 morts au Kasaï. Samedi, la justice militaire congolaise a annoncé avoir arrêté sept soldats dans le cadre d'une enquête diligentée après la publication sur les réseaux sociaux d'une vidéo mettant en cause un peloton militaire dans un massacre présumé perpétré au Kasaï-oriental.

Deux membres du groupes d'experts de l'ONU chargés d'enquêter en RDC pour le Conseil de sécurité de l'ONU en vertu d'un résolution remontant à 2004, dont une spécialiste des droits de l'Homme, sont portés disparus depuis le 11 mars. On était toujours sans nouvelles d'eux mercredi, de même que des quatre Congolais qui les accompagnaient.

Avec AFP

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