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Au moins 10 morts et 71 blessés dans un attentat au Pakistan


La police et les secouristes sont sur place pour venir en aide aux blessés, à Lahore, Pakistan, le 13 février 2017.

La police et les secouristes sont sur place pour venir en aide aux blessés, à Lahore, Pakistan, le 13 février 2017.

Au moins 10 personnes sont mortes lundi lorsqu'une explosion - un attentat selon les talibans qui l'ont revendiqué - a fauché des manifestants en plein centre de Lahore (est), faisant voler en éclats un relatif sentiment de sécurité dans la capitale culturelle pakistanaise.

La police a bouclé la zone sur Mall Road, une des principales artères de la capitale du Pendjab, tandis que les témoins s'enfuyaient par peur d'une deuxième explosion.

L'incident s'est produit au moment où la route était bondée, notamment en raison d'une manifestation de plusieurs centaines de pharmaciens protestant devant l'Assemblée provinciale du Pendjab contre une loi régulant le secteur médical.

"L'explosion était très puissante. J'ai vu les blessés et les corps, les flammes entourant les lieux de l'explosion. Les gens pleuraient", a raconté à l'AFP un témoin, Muhammad Tariq.

Une responsable des secours, Deeba Shahnaz, a indiqué qu'au moins 10 personnes avaient péri dans l'explosion et que 71 blessés avaient été transportés vers les hôpitaux de la ville, un bilan confirmé de sources hospitalières.

"Il semble qu'il s'agisse d'un attentat suicide", a estimé un haut responsable de la police, Amin Wains, ajoutant qu'il pourrait avoir visé les policiers déployés pour encadrer la manifestation.

"La police sur place m'a indiqué qu'il s'agissait d'un attentat suicide, nous sommes en train d'enquêter", a indiqué à l'AFP le ministre de la Justice de l'exécutif provincial, Rana Sanaullah.

La faction Jamaat-ul-Ahrar des talibans pakistanais a très rapidement revendiqué l'attentat, intervenu trois jours après que le groupe a annoncé dans un message vidéo son intention de s'en prendre à des cibles gouvernementales dans tout le pays.

Un porte-parole du groupe a averti dans un communiqué que l'attentat de lundi n'était "qu'un début".

Lahore a été secouée par l'un des attentats les plus meurtriers de 2016 lorsqu'un kamikaze taliban de la même faction Jamaat-ul-Ahrar a fait détonner sa charge dans un parc bondé le jour de Pâques, tuant plus de 70 personnes, dont de nombreux enfants.

Mais les attentats sont restés rares ces dernières années dans cette ville très animée. Plus généralement, les violences extrémistes ont nettement diminué en 2015 et 2016 au Pakistan, dans la foulée d'une offensive militaire contre les groupes armés, appuyée par un Plan d'action national du gouvernement contre l'extrémisme.

Fin janvier, un attentat revendiqué par les talibans a frappé un marché dans une zone majoritairement chiite des zone tribales frontalières de l'Afghanistan, tuant 24 personnes, le premier attentat de cette ampleur pour 2017.

Les fans de cricket ont aussitôt exprimé sur les réseaux sociaux leurs craintes que les explosions de lundi n'entraînent l'annulation de la finale de la Super League pakistanaise, un match très attendu qui doit se jouer à Lahore.

Cette compétition créée l'an passé se joue actuellement aux Emirats arabes unis en raison de craintes pour la sécurité, mais les organisateurs espéraient que la finale pourrait se jouer à Lahore, où le cricket est roi.

Avec AFP

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