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Au moins 10 morts dans des affrontements dans l'est de la Centrafrique


Des soldats français en patrouille à Bambari, Centrafrique, le 24 mai 2014.

Des soldats français en patrouille à Bambari, Centrafrique, le 24 mai 2014.

Au moins 10 personnes ont été tuées et plus de 25 autres blessées dans des affrontements armés entre factions rebelles à Bambari, dans l'est de la Centrafrique, pays qui enregistre un regain de violences.

"Au moins 10 personnes ont été tuées et on dénombre plus de 25 blessés dans des affrontements qui ont éclaté lundi à Bambari", a déclaré à l'AFP un officier de la gendarmerie sous couvert d'anonymat.

Ces combats opposaient entre eux des membres de l'Unité du peuple centrafricain (UPC), une des principales factions armées issues de l'ex-rébellion Séléka, qui avait pris le pouvoir à Bangui en mars 2013 avant d'en être chassée par une intervention militaire internationale début 2014, selon cet officier.

Plusieurs civils figurent parmi les victimes, a-t-il ajouté sans pouvoir préciser leur nombre.

"Des tirs nourris d'armes lourdes et légères ont été entendus pendant plusieurs heures", faisant fuir de nombreux habitants "en direction des sites des déplacés et des bases de la force onusienne (Minusca)", a expliqué la même source.

Contactée par l'AFP, la Minusca n'était pas joignable dans l'immédiat.

D'après des habitants joints au téléphone, la situation s'était calmée mardi malgré des tirs sporadiques entendus dans la matinée.

Ville minière de l'est de Centrafrique où est installé l'"état-major" de l'UPC, composée en grande partie de peuls, Bambari a été le théâtre de fréquents affrontements entre groupes armés qui ont fait plusieurs centaines de morts et de blessés en 2014 et 2015.

Le renversement en mars 2013 du président François Bozizé par la rébellion à dominante musulmane de la Séléka avait précipité la Centrafrique dans un cycle de violences intercommunautaires. Elles avaient culminé fin 2013 par des massacres à grande échelle et le déplacement forcé de centaines de milliers de personnes, obligeant la France, ancienne puissance coloniale, à lancer l'opération militaire Sangaris.

Après trois années de violences, le pays a connu plusieurs mois d'accalmie et les Centrafricains ont pu élire en février un nouveau président, Faustin Archange Touadéra, avec la lourde tâche de redresser ce pays à la dérive.

Mais malgré le déploiement de quelque 12.000 Casques bleus dans le pays, la situation sécuritaire reste bien fragile. La capitale Bangui a vécu fin juin un regain de tension ayant fait plusieurs morts, tandis que les attaques de villages restent fréquentes en province.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait jugé lundi "urgent de désarmer les groupes armés" en Centrafrique et de rétablir l'autorité étatique, craignant une nouvelle escalade de la violence.

Avec AFP

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