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Au Gabon, le gouvernement demande à Jean Ping "d'appeler à l'apaisement"


Jean Ping, candidat de l’opposition à l’élection présidentielle du 27 août 2016 au Gabon, à Libreville, 26 août 2016. (VOA/Idriss Fall)

Jean Ping, candidat de l’opposition à l’élection présidentielle du 27 août 2016 au Gabon, à Libreville, 26 août 2016. (VOA/Idriss Fall)

Le porte-parole du gouvernement gabonais a demandé vendredi à l'opposant Jean Ping "d'appeler ses partisans à l'apaisement" pour "ramener la sérénité" dans un pays plongé dans les troubles depuis la réélection contestée du président Ali Bongo Ondimba.

"Ce serait bien que M. Ping appelle ses partisans à l'apaisement, ce serait bien qu'il cesse de mettre de l'huile sur le feu par des déclarations à gauche à droite", a déclaré Alain-Claude Bilie-By-Nze à l'AFP, lors d'une courte visite privée à Paris où il a rencontré quelques journalistes.

Comparée au "pic de violences" ayant suivi la publication des résultats officiels mercredi, "la situation s'est largement calmée dans le pays" même si "elle n'est pas encore revenue à la normale", a estimé le porte-parole du gouvernement.

"Le calme est revenu à Port-Gentil", la capitale économique, ainsi qu'à Bitam, près de la frontière camerounaise, a-t-il assuré.

Les affrontements ont fait trois blessés parmi les forces de l'ordre et "entre trois et cinq morts" parmi les manifestants, a-t-il souligné. Jusqu'à présent le gouvernement gabonais n'avait confirmé que trois décès.

"Un commandant du GIGN gabonais a reçu une balle à la cuisse, il a été hospitalisé", a-t-il détaillé. Un autre policier a été blessé à Oyem jeudi et hospitalisé, mais "ses jours ne sont pas en danger". Enfin, un autre officier supérieur a été blessé "par les éclats d'une grenade il y a deux jours".

Plus tôt dans la journée, une source sécuritaire gabonaise avait fait état auprès de l'AFP d'un policier grièvement blessé à Oyem dont le pronostic vital était engagé.

"En ce qui concerne les manifestants, le bilan que nous avons aujourd'hui tourne entre trois et cinq morts, mais on n'a pas un chiffre précis parce qu'il faut identifier clairement les morts et l'origine" de leur décès, a précisé M. Bilie-By-Nze.

Ce dernier a écarté la possibilité d'un nouveau décompte des voix bureau par bureau, comme le réclament l'opposition et la communauté internationale, et incité Jean Ping à "utiliser la voie légale", pour "ramener la sérénité définitivement dans le pays".

Selon la Constitution gabonaise, les personnes contestant le résultat d'une présidentielle ont huit jours pour saisir la Cour constitutionnelle, qui doit se prononcer sous 15 jours. "A ma connaissance elle n'a pas encore été saisie", a observé le porte-parole.

Il a enfin regretté certaines "prises de position intempestives", notamment celle du parti socialiste français.

"Si effectivement on peut parler des 40 ans, des 50 ans de la famille Bongo au pouvoir, il est juste de rappeler que M. Ping a passé 25 ans dans ce pouvoir", a-t-il ironisé.

Avec AFP

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