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Des Etats américains refusent d'accueillir des réfugiés syriens


Des réfugiés syriens après le naufrage de leur embarcation près de l'île grecque de Lesbos, 30 oct. 2015. (AFP/ARIS MESSINIS)

Des réfugiés syriens après le naufrage de leur embarcation près de l'île grecque de Lesbos, 30 oct. 2015. (AFP/ARIS MESSINIS)

Plusieurs Etats américains républicains, le Texas, l'Arkansas, l'Alabama et le Michigan, ont annoncé qu'ils refusaient désormais d'accueillir des réfugiés syriens, dans l'espoir d'éviter des attentats similaires à ceux de Paris, le président Barack Obama mettant en garde contre l'amalgame.

Deux Etats américains, l'Alabama et le Michigan, ont annoncé qu'ils refusaient désormais d'accueillir des réfugiés syriens, dans l'espoir d'éviter des attentats similaires à ceux qui ont endeuillé Paris vendredi.

Dans un courrier au président Barack Obama daté de lundi, le gouverneur du Texas, Greg Abbott l'informe que son Etat "n'acceptera pas de réfugiés de Syrie, suite à l'attaque terroriste mortelle de Paris".

"Un réfugié syrien semble avoir participé aux attaques terroristes de Paris. La compassion humanitaire américaine pourrait être exploitée pour exposer les Américains à un danger mortel similaire", explique le dirigeant de cet Etat du sud du pays, frontalier du Mexique.

Le gouverneur de l'Arkansas, un autre Etat du sud, Asa Hutchinson, a lui aussi annoncé lundi sur Twitter qu'il "s'opposerait à l'installation de réfugiés syriens en Arkansas".

Mais le président Barack Obama, a appelé lundi, depuis la Turquie, à ne pas faire l'amalgame entre "réfugiés" et "terrorisme".

"Les gens qui fuient la Syrie sont ceux qui souffrent le plus du terrorisme, ce sont les plus vulnérables. Il est très important que nous ne fermions pas nos coeurs aux victimes d'une telle violence (...) ça commence par ne pas faire de lien entre la question des réfugiés et celle du terrorisme", a déclaré M. Obama devant la presse à l'issue du sommet du G20.

"C'est honteux" quand "j'entends des gens dire que nous pourrions juste accueillir les chrétiens et pas les musulmans", a-t-il noté. "Ca n'est pas américain. C'est pas ce que nous sommes".

Dimanche, le gouverneur de l'Alabama, Robert Bentley, avait aussi décidé de refuser l'accueil de réfugiés syriens.

"Après avoir dûment considéré les attaques terroristes de ce week-end contre des citoyens innocents à Paris, je m'opposerai à toute tentative de transférer des réfugiés syriens en Alabama", a-t-il affirmé dans un communiqué, expliquant qu'il ne "serait pas complice d'une politique qui met les citoyens de l'Alabama en danger".

Et le gouverneur du Michigan (nord), Rick Snyder a également annoncé dimanche, "compte tenu de la situation terrible à Paris", avoir donné des directives pour suspendre les "efforts visant à accepter de nouveaux réfugiés, jusqu'à ce que le département américain de la Sécurité intérieure achève une révision complète des mesures de sécurité".

Pour autant, a-t-il ajouté, "il est important de souligner que ces attaques sont menées par des extrémistes et ne reflètent pas l'attitude pacifique des gens originaires du Moyen-Orient".

Le Michigan abrite l'une des plus importantes communautés originaires du Moyen-Orient.

Selon le principal journal du Michigan, le Detroit Free Press, entre 1.800 et 2.000 réfugiés ont été réinstallés dans cet Etat au cours de l'année écoulée, dont quelque 200 Syriens.

Plusieurs candidats républicains à la Maison Blanche avaient souligné dimanche que les Etats-Unis ne devaient pas accueillir de réfugiés syriens, de peur que des militants du groupe Etat islamique (EI) ne figurent parmi eux.

L'immigration aux Etats-Unis est un important débat de la campagne présidentielle.

Ces réactions font suite à la série d'attaques revendiquées par l'EI qui ont fait 129 morts et plus de 350 blessés dans la capitale française vendredi.

Le conseiller adjoint à la sécurité nationale de M. Obama, Ben Rhodes, a affirmé dimanche que le pays ne courrait pas de risque, le nombre de réfugiés qui doivent être accueillis aux Etats-Unis étant limité et le processus de contrôle "solide".

"Nous ne pouvons pas fermer nos portes à ces gens", avait-il déclaré sur Fox News.

Montrés du doigt pour leur manque de réactivité face à la crise migratoire déclenchée par le conflit en Syrie, les Etats-Unis ont annoncé début septembre qu'ils allaient accueillir 10.000 réfugiés syriens d'ici octobre 2016, contre 1.800 seulement depuis 2011.

Avec AFP

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