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Le point sur l'enquête sur les attentats de Paris : un appel à témoin lancé


Appel à témoin contre un suspect des attentats de Paris (capture d'écran)

Appel à témoin contre un suspect des attentats de Paris (capture d'écran)

Trois kamikazes ont été identifiés. L'un d'entre eux est un Français de 29 ans, Omar Ismaïl Mostefaï, dont les proches sont en garde à vue. La police a lancé un appel à témoins pour un suspect.

À ce stade, dimanche 15 novembre, trois des sept kamikazes morts dans les attentats de Paris qui ont fait 129 morts et 350 blessés ont été identifiés, selon la Justice française. La police a lancé un appel à témoins et diffusé la photo d'un suspect "susceptible d'être impliqué dans les attentats parisiens", Salah Abdeslam, également visé par un mandat d'arrêt international émis par la justice belge.

Salah Abdeslam, né le 15 septembre 1989 à Bruxelles est considéré comme un "individu dangereux, surtout n'intervenez pas vous-même", conseille la police. La justice belge a émis un mandat d'arrêt international contre cet homme qui résidait dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles.

Omar Ismaïl Mostefaï, un Français de 29 ans résidant dans la banlieue de Paris, est le premier kamikaze à avoir été identifié dès vendredi.

Les deux autres hommes résidaient en Belgique, a ajouté François Molins dans un communiqué. Agé de 20 ans, l'un est "l'auteur de l'un des attentats-suicides commis à proximité du Stade de France". L'autre, âgé de 31 ans, est celui qui s'est fait exploser boulevard Voltaire, dans l'est de Paris.

Le frère de l'un des kamikazes a placé en garde à vue en Belgique. Les services antiterroristes sont sans nouvelles d'un autre membre de la fratrie qui pourrait être l'un des kamikazes ou être en fuite. Les trois frères vivaient à Bruxelles, a indiqué une de ces sources.

La Belgique a émis un mandat d'arrêt international à son encontre. Ses papiers ont été présentés samedi matin lors d'un contrôle routier à la frontière franco-belge. Les enquêteurs cherchent à déterminer si c'est bien leur authentique détenteur qui les a présentés.

Véhicule avec des armes retrouvées

Par ailleurs, les enquêteurs ont retrouvé dimanche l'un des véhicules probablement utilisé par les assaillants, encore chargé d'armes, renforçant les craintes que certains d'entre eux ou de leurs complices soient toujours en liberté.

La voiture, une Seat noire, immatriculée en Belgique - a été retrouvée à Montreuil-sous-bois, en région parisienne, avec plusieurs fusils d'assaut kalachnikov, du même type que ceux utilisés dans les fusillades.

Selon des témoins, le véhicule a transporté le groupe - les enquêteurs estiment qu'il y en avait trois en tout vendredi soir - qui s'en est pris aux clients de trois bars et restaurants dans l'Est parisien.

En Belgique, un total de sept personnes - dont le frère précédémment évoqué -, membres de la famille d'Omar Ismaïl Mostefaï, sont par ailleurs en garde à vue. Le père et la femme de ce dernier sont notamment entendus.

Fiché pour radicalisation

Le kamikaze, l'un des auteurs de l'attaque de la salle de spectacles du Bataclan à Paris, était en rupture avec sa famille, selon les premiers éléments de l'enquête. Identifié grâce à un doigt sectionné retrouvé au Bataclan, Mostefaï était fiché depuis 2010 pour radicalisation islamiste mais n'avait pas de lien connu avec les filières jihadistes, selon la justice française.

Il était surtout connu des services de police pour de petits délits, qui avaient donné lieu à huit condamnations entre 2004 et 2010 mais à aucune incarcération.

Selon une source proche de l'enquête, Mostefaï fréquentait assidûment la mosquée de Lucé, près de Chartres (centre). Les enquêteurs tentent par ailleurs de confirmer qu'il avait séjourné en Syrie en 2014.

Il était "parti au bled", en Algérie, avec sa famille et "sa petite fille", a affirmé son frère de 34 ans, désormais en garde à vue, qui a affirmé ne plus avoir de nouvelles de lui depuis un moment.

Passeport syrien : polémique en vue

Les enquêteurs ont aussi mis la main, près du corps d'un kamikaze du Stade de France, sur au moins un passeport syrien appartenant à un migrant arrivé en Grèce le 3 octobre. Ce pays est la principale porte d'entrée des réfugiés dans l'Union européenne.

Anticipant la polémique qui ne manquera pas d'enfler si certains des kamikazes s'étaient glissés dans le flot des réfugiés syriens, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a appelé l'Union européenne à garder la tête froide.

"Ceux qui ont perpétré les attentats sont exactement ceux que les réfugiés fuient, et non pas l'inverse, et par conséquent il n'y a pas lieu de revoir dans son ensemble la politique européenne en matière de réfugiés", a-t-il dit.​

De son côté, la France a demandé dimanche la tenue d'un conseil extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne le 20 novembre à Bruxelles pour "renforcer" la lutte antiterroriste après les attentats de Paris.

Sept personnes arrêtées en Belgique

Selon le parquet belge, les deux véhicules retrouvés (l'un au Bataclan, l'autre à Montreuil) étaient immatriculés en Belgique et "ont été loués en début de semaine dans la région bruxelloise", indique-t-il.

"Une personne ayant loué un de ces véhicules a fait l'objet d'un contrôle à Cambrai (nord de la France, NDLR), le 14 novembre à 9 h 10 sur l'autoroute A2 en direction de la Belgique. La voiture contrôlée a ensuite été interceptée à Molenbeek-Saint-Jean hier en fin d'après-midi", ajoute le parquet.

C'est à Molenbeek, quartier populaire à forte population immigrée, qu'ont séjourné depuis une vingtaine d'années les auteurs de plusieurs attentats jihadistes, de l'assassinat du commandant Massoud en Afghanistan en 2001 au responsable présumé de la tuerie au Musée juif de Bruxelles, Mehdi Nemmouche, qui avait fait quatre morts en mai 2014.

La police belge a également procédé samedi à des perquisitons à Molenbeek. "Les pièces saisies et emportées sont actuellement en cours d'examen", selon le parquet.

Depuis "la première heure, les autorités judiciaires belges et françaises collaborent activement. Pour accélérer l'échange d'information, elles ont décidé de constituer une équipe commune d'enquête. Des enquêteurs français sont actuellement à Bruxelles", indique encore le parquet.

Selon le procureur en charge de l'enquête, François Molins, trois assaillants sont morts au Bataclan, trois autres se sont fait sauter près du Stade de France et un dernier boulevard Voltaire dans l'est de Paris.

Du deuil national à l'unité nationale ?

Un deuil national de trois jours est observé depuis dimanche. Musées et salles de spectacle restent fermés dans la capitale. Les marchés de plein air, lieu de balade traditionnels le dimanche, n'ont pas été autorisés.

Des cérémonies de recueillement sont prévues en soirée à la Cathédrale de Paris et à la Grande synagogue.

Le président socialiste François Hollande, qui a appelé à l'unité nationale, a reçu les chefs de partis, dont son prédécesseur et rival de droite Nicolas Sarkozy, dans une tentative de concorde politique. Lundi, il doit s'exprimer devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, un acte politique exceptionnel.

Le gouvernement français a réaffirmé que la France continuerait à frapper le groupe Etat islamique, qui a revendiqué les attentats samedi, pour le "détruire". "C'est l'ensemble des capacités de Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique) que nous devons viser", a précisé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Avec AFP

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