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Attentat de Nice : le deuil culmine avec une minute de silence dans toute la France


Les drapeaux français en berne en mémoire des victimes deux jours après l'attentat du 14 juillet à Nice, France, le 15 juillet 2016.

Les drapeaux français en berne en mémoire des victimes deux jours après l'attentat du 14 juillet à Nice, France, le 15 juillet 2016.

La France se figera lundi pour une minute de silence au troisième jour du deuil national décrété après l'attentat de Nice, alors que les enquêteurs explorent la possibilité que l'auteur de la tuerie ait eu des complices.

Les cloches sonneront le glas à midi (10h00 GMT) dans toute la France au moment de cette minute de recueillement, comme elles l'ont fait dimanche à Paris avant une messe d'hommage aux victimes dans la cathédrale Notre-Dame.

A Nice, les autorités prévoient pour cette minute de silence des "moyens exceptionnels supplémentaires" de sécurité sur la Promenade des Anglais. C'est sur ce front de mer que s'est déroulé le massacre commis par le tueur au camion, le Tunisien Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, et revendiqué par l'organisation Etat islamique (EI).

Le bilan de 84 morts, dont dix mineurs, pourrait encore s'alourdir. Le pronostic vital de 18 blessés, dont un enfant, était toujours engagé dimanche. Au total, 85 personnes restaient hospitalisées.

L'enquête a progressé pour cerner les éventuelles complicités de l'auteur de l'attentat, qui a soigneusement planifié son attaque le jour de la fête nationale du 14 juillet.

Peu avant l'attentat, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel a envoyé un SMS "se félicitant de s'être procuré un pistolet de calibre 7,65 et évoquant la fourniture d'autres armes", selon des sources proches du dossier.

Plus de 200 enquêteurs sont mobilisés pour "identifier l'ensemble des destinataires" des divers messages envoyés par le tueur.

Le chauffeur-livreur tunisien, âgé de 31 ans, s'est également pris en photo au volant du camion qui a servi à commettre l'attentat, entre sa location le 11 juillet et le 14 juillet, avant de l'envoyer par SMS.

Selon une source proche des enquêteurs français, il avait repéré les lieux avec son camion les deux jours précédant son attentat.

- 'Guerre totale' -

Dimanche, sept personnes se trouvaient en garde à vue, après la levée de celle de l'épouse de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, dont il était séparé. Parmi elles, un Albanais de 38 ans, arrêté dimanche, est soupçonné d'avoir fourni le pistolet 7,65.

Selon des sources policières, au moins une personne a évoqué en garde à vue un basculement "récent" vers "l'islam radical" de Lahouaiej-Bouhlel, un homme violent qui n'affichait jusqu'il y a peu aucun intérêt particulier pour la religion.

Huit mois après avoir décrété l'état d'urgence en France dans la foulée des attaques jihadistes du 13 novembre, le gouvernement socialiste a appelé samedi "tous les Français patriotes" à venir épauler les forces de sécurité.

Un nouveau conseil de défense et de sécurité est prévu lundi pour tirer les leçons de cet attentat alors que l'exécutif français continue d'être critiqué sur sa gestion antiterroriste.

L'appel du ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, à rejoindre les réservistes de la police et la gendarmerie est la seule proposition nouvelle lancée par le pouvoir, acculé à réagir trois jours après le carnage.

L'ancien Premier ministre Alain Juppé, candidat à la primaire de droite pour l'élection présidentielle de 2017, a de nouveau appelé le gouvernement à "passer à la vitesse supérieure" contre le terrorisme.

Le président du parti Les Républicains (droite), Nicolas Sarkozy, a jugé que "tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois ne l'a pas été".

"Nous sommes en guerre, une guerre totale (...) Donc, je vais employer des mots forts : ça sera eux ou nous", a déclaré l'ex-chef de l'Etat dans le journal télévisé du soir sur TF1, très regardé.

En réponse, le Premier ministre Manuel Valls a mis en garde contre toute surenchère : "Remettre en cause l'État de droit, remettre en cause nos valeurs, serait le plus grand renoncement". Selon les autorités, "100.000 policiers, gendarmes et militaires sont mobilisés pour assurer la sécurité" en France.

MM. Valls et Cazeneuve ont également affirmé, dans un communiqué commun, que l'action "résolue" de l'exécutif "donne des résultats", déclarant que "16 attentats ont été déjoués sur notre sol depuis 2013".

Seuls 33% des Français déclarent faire confiance au président François Hollande et au gouvernement pour faire face au terrorisme et lutter contre lui, selon un sondage de l'institut Ifop publié lundi par le quotidien conservateur Le Figaro.

L'attentat de Nice est la troisième tuerie de masse commise en France par des jihadistes, après les attentats de janvier 2015 contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et des juifs (17 morts) et du 13 novembre (130 morts à Paris et à Saint-Denis).

Avec AFP

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