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Attentat de femmes djihadistes déjoué à Paris


Des parachutistes de l'armée française patrouillant près de la tour Eiffel à Paris, le 30 mars 2016 (Reuters/Philippe Wojazer)

Des parachutistes de l'armée française patrouillant près de la tour Eiffel à Paris, le 30 mars 2016 (Reuters/Philippe Wojazer)

Trois femmes, dont l'une avait prêté allégeance au groupe Etat islamique, ont été arrêtées jeudi alors qu'elles étaient sur le point de mener une action violente.

"Le dessein de ce commando était clairement de commettre un attentat", a souligné vendredi le procureur de Paris, François Molins, en soulignant que les jeunes femmes étaient "téléguidées" par des djihadistes de l'EI depuis la Syrie.

La découverte d'une voiture piégée en plein centre de Paris dans la nuit de samedi à dimanche a ravivé les craintes qui n'ont pas quitté les Français depuis la sanglante attaque contre le journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015.

Repéré près de la cathédrale de Notre-Dame, le véhicule, dépourvu de plaque d'immatriculation, était chargé de bonbonnes de gaz avec des traces de gasoil. "Une cigarette à peine consumée", qui a échoué à mettre le feu au dispositif, a été trouvée sur place, a souligné le procureur.

A l'issue d'une "course contre la montre", selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, les enquêteurs ont pu remonter à plusieurs suspects, en tête desquels la fille du propriétaire de la voiture, Inès Madani.

Connue des services français pour des velléités de départ en Syrie, la jeune femme de 19 ans entretenait aussi des contacts avec des Belges radicalisés et apparaissait dans une enquête ouverte dans le pays, selon la télévision belge RTBF.

Elle a été interpellée jeudi soir avec deux complices présumées - Amel S. (39 ans) et Sarah H. (23 ans) - au sud-est de Paris. Blessée par balle alors qu'elle se jetait sur un policier, couteau en main, elle a été trouvée en possession d'une lettre où elle prêtait allégeance à l'EI, a précisé M. Molins.

Sarah H. était connue "comme étant particulièrement liée à la mouvance djihadiste", a souligné le procureur. Elle était l'"ancienne promise de Larossi Abballa", qui avait assassiné deux policiers en juin avant d'être tué, puis d'Adel Kermiche, auteur du meurtre d'un prêtre en juillet, a-t-il révélé.

- projets élaborés de 'manière virtuelle' -

Le procureur de Paris, qui s'était déjà alarmé "des profils très inquiétants" de certaines jeunes filles parmi les candidats au djihad, a souligné vendredi que le groupe EI utilisait "non seulement des hommes mais aussi de jeunes femmes, qui font connaissance et nouent leur projet de manière virtuelle".

Au total, 59 femmes ont déjà été inculpées en France pour des faits de terrorisme, sur un total de 280 personnes, selon M. Molins.

Le compagnon d'une des trois suspectes, connu pour islamisme radical, a lui aussi été arrêté jeudi soir aux Mureaux, dans la banlieue ouest de Paris. Parmi quatre autres personnes interpellées plus tôt, seules deux étaient toujours en garde à vue vendredi.

"Un attentat a été déjoué" et "un groupe a été annihilé, mais il y en a d'autres", a souligné vendredi le président Hollande, en marge d'un déplacement à Athènes.

Après les mitraillages aveugles et les attaques kamikazes, qui avaient fait 130 morts à Paris le 13 novembre, l'attaque au camion bélier qui a coûté la vie à 86 personnes à Nice le 14 juillet, une nouvelle menace se dessine.

Le patron des services secrets français, Patrick Calvar, avait mis en garde en mai contre le danger de "dépôt d'engins explosifs" dans des lieux rassemblant une foule importante.

Des centaines de Français, de Belges, ont rejoint les rangs de l'EI et Paris est régulièrement menacée de représailles pour sa participation à la coalition internationale qui la bombarde en Syrie et en Irak.

"On sera à un moment ou à un autre confronté au retour d'un grand nombre" de ces combattants, a déjà averti François Molins.

Avec AFP

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