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Attaques de Paris : où en est l’enquête ?


Hommage aux victimes du Carillon, le 22 novembre 2015. (REUTERS/Charles Platiau)

Hommage aux victimes du Carillon, le 22 novembre 2015. (REUTERS/Charles Platiau)

Quelques réponses arrivent et beaucoup de questions demeurent, neuf jours après les attaques sanglantes de Paris revendiquées par l’organisation Etat islamique. Tour d'horizon.

Qui est le troisième homme mort pendant l’assaut de Saint-Denis ?

Cet homme, mort en kamikaze dans l'appartement de Saint-Denis où le jihadiste Abdelhamid Abaaoud, l'un des organisateurs des attentats, avait trouvé refuge au nord de Paris, n'a jamais été mis en cause par la police française. Les enquêteurs ont isolé son ADN mais il ne correspond à personne dans le fichier des empreintes génétiques.

S'agit-il d'un homme passé par la Grèce parmi les réfugiés fuyant la guerre en Syrie, comme c'est le cas pour deux des trois kamikazes du Stade de France, dont l'identité reste à déterminer, et qui ont été contrôlés début octobre sur l'île grecque de Leros ?

A-t-il eu un rôle direct dans les attentats ? Est-il le troisième homme du commando qui a froidement mitraillé les victimes sur les terrasses de cafés et restaurants en se déplaçant dans une Seat noire ? Grâce notamment au travail sur les empreintes et à la vidéosurveillance, les enquêteurs pensent avoir identifié dans ce trio Abaaoud et Brahim Abdeslam, lequel s'est fait sauter dans un restaurant.

Abaaoud est aussi mort dans l'assaut policier contre l'appartement de Saint-Denis. Ainsi qu'une cousine, soupçonnée de l'avoir aidé à se replier dans cette planque.

Qui est le troisième kamikaze mort au Bataclan ?

L’identification du troisième kamikaze du Bataclan, théâtre du carnage le plus meurtrier, est toujours en cours. Les deux premiers sont des Français qui avaient séjourné en Syrie, Omar Ismaïl Mostefai, 29 ans, et Samy Amimour, 28 ans. C'est le cas aussi du troisième kamikaze du Stade de France, Bilal Hadfi, un Français de 20 ans qui résidait en Belgique.

Jawad Bendaoud était-il au courant qu'il hébergeait des terroristes ?

De manière exceptionnelle, la garde à vue de Jawad Bendaoud, qui a fourni l'appartement où s'est replié Abaaoud à Saint-Denis, a été prolongée dimanche 22 novembre au-delà de quatre jours, pour 24 h. Ce n'est possible qu'en cas de menace d'attentat ou pour des questions de coopération internationale. Mercredi, peu avant son arrestation, cet homme d'une trentaine d'années assurait ne pas savoir qu'il avait logé des "terroristes". Même s'il savait que ces hommes venaient de Belgique. Les enquêteurs pensent que la cousine d'Abaaoud a négocié avec lui pour obtenir ce logement.

Qui sont les hommes inculpés en Belgique ?

En Belgique, trois hommes ont été inculpés. Les deux premiers, Hamza Attou et Mohamed Amri, ont affirmé être allés chercher le suspect-clé Salah Abdeslam à Paris à sa demande après les tueries. Leur rôle se limite-t-il à cette exfiltration d'un des auteurs possibles des attaques ?

Le rôle du troisième homme, inculpé vendredi à Bruxelles, reste à déterminer.

Qui est le Belge interpellé en Turquie ?

Un Belge d'origine marocaine, Ahmad Dahmani, 26 ans, a par ailleurs été arrêté samedi en Turquie, dans un hôtel de la station balnéaire d'Antalya, où il était arrivé le 14 novembre en provenance d'Amsterdam. Les policiers turcs étudient ses éventuels contacts avec les assaillants de Paris.

Quel a été le rôle de Salah Abdeslam ?

Objet d'un appel à témoins de la police française, Salah Abdeslam pourrait être l'unique auteur direct des attentats encore vivant. Mais a-t-il pris les armes ? L'hypothèse de sa présence dans le trio des tueurs des terrasses, qui ont tiré leurs rafales de kalachnikovs dans trois lieux successifs entre 20 h 25 GMT et 20 h 36 GMT, avait d'abord été avancée.

Mais les enquêteurs ont établi qu'il était dans le 18e arrondissement de Paris, là où une Clio noire est arrivée à 20h59 GMT. Ils tentent donc de déterminer s'il a pu convoyer les kamikazes du Stade de France, qui se sont fait exploser entre 20h20 et 20h53 GMT. Ils se demandent aussi s'il était chargé d'une attaque dans ce même 18e arrondissement, évoquée dans la revendication du groupe jihadiste État islamique mais qui n'a pas eu lieu. L'avocate d'un des hommes venus le chercher à Paris a accrédité cette hypothèse. Selon elle, durant le trajet, il semblait "extrêmement énervé" et "peut-être prêt à se faire sauter".

A-t-il renoncé à se faire exploser ?

Dans une interview à la RTBF, la télévision belge, son frère, Mohamed Abdeslam estime qu’il a sûrement décidé de rebrousser chemin et "ne pas aller au bout de ce qu'il souhaitait faire". "C'est plus que mon espoir, c'est ma conviction. Salah est quelqu'un de très intelligent, je pense qu'en dernière minute, Salah a décidé de rebrousser chemin", a affirmé Mohamed Abdeslam, qui a de nouveau appelé son jeune frère à se rendre.

"Il a peut-être vu quelque chose, entendu quelque chose qui n'était pas ce à quoi il s'attendait et a décidé de ne pas aller au bout de ce qu'il souhaitait faire", a ajouté Mohamed Abdeslam.

Son rôle de logisticien semble en tout cas avéré. Salah Abdeslam a en effet loué deux voitures, la Clio retrouvée dans le 18e et la Polo du commando du Bataclan, tandis que la Seat des terrasses l’a été par son frère Brahim. Deux chambres d'une résidence hôtelière d'Alfortville, près de Paris, ont aussi été louées du 11 au 17 novembre au nom de Salah Abdeslam.

Avec AFP

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