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Attaques dans le centre du Mali: le gouvernement promet de renforcer la sécurité


Membres d'un groupe armé, Kidal, Mali, le 13 juillet 2016.

Membres d'un groupe armé, Kidal, Mali, le 13 juillet 2016.

Le ministre malien de la Sécurité, le général Salif Traoré, a promis lundi un renforcement de la protection militaire dans le centre du pays, frappé par une série d'attaques au cours desquelles trois militaires ont été tués et une localité brièvement contrôlée par des assaillants.

Le ministre a qualifié les assaillants qui se sont emparés vendredi sans combat de la localité de Boni de "bandits armés", estimant qu'il pourrait s'agir d'une affaire de droit commun et non d'une attaque jihadiste, comme l'avaient affirmé un élu local et plusieurs habitants.

Face à "des individus qui peuvent évoluer, qui ont pu évoluer avec des moyens lourds, des moyens conséquents", les seuls effectifs de police et de gendarmerie sont insuffisants, "il faut une vraie opération militaire d'abord et c'est ce que nous avons décidé", a précisé le général Traoré lors d'une conférence de presse.

"Dans la foulée, les représentants de l'Etat seront installés et sécurisés par les forces de sécurité", dans le centre du pays, a-t-il ajouté, évoquant par ailleurs des patrouilles mixtes avec la Mauritanie, l'Algérie, le Niger et le Burkina Faso, "pour empêcher au niveau des frontières la circulations des armes".

Dans un communiqué dimanche, le ministère de la Défense avait fait état de deux attaques dans la région, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, puis le 1er septembre, dont la première a fait trois morts et deux blessés parmi les soldats maliens.

"C'est dans cette ambiance d'insécurité amplifiée par des rumeurs" que le détachement de l'armée de Boni s'est replié sur Douentza, à environ 90 km, "sans attendre les ordres de la hiérarchie", permettant aux assaillants de s'emparer sans coup férir de Boni, où ils ont vandalisé des bâtiments "symbolisant l'autorité de l'Etat", selon le communiqué.

L'armée malienne a repris samedi le contrôle de la ville, avec le soutien des forces de la Mission de l'ONU (Minusma) et le ministre de la Défense Tieman Hubert Coulibaly a été limogé.

Dans un communiqué lundi, la Minusma "condamne fermement les récentes attaques perpétrées par des individus armés non identifiés contre les Forces de Défense et de Sécurité maliennes (FDSM) et des infrastructures de l'Etat dans les régions de Ségou et de Mopti", dans le centre du pays.

Elle réaffirme son soutien aux autorités et précise avoir "déployé un détachement de Casques Bleus à Boni les 3 et 4 septembre et fourni un appui aérien".

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes. Longtemps concentrées dans le Nord, les attaques djihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis le sud du pays.

Avec AFP

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