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Niamey reconnait des "défaillances" apres l'attaque de Tazalit


Mohamed Bazoum, le 7 septembre 2011

Mohamed Bazoum, le 7 septembre 2011

Le ministre nigérien de l'Intérieur, Mohamed Bazoum, a affirmé que l’attaque qui a coûté la vie à 22 soldats début octobre dans un camp de réfugiés maliens dans la région de Tahoua, était la preuve qu'il n'y a pas eu de vigilance.

Des hommes armés avaient attaqué le 7 octobre 2016 le camp de réfugiés maliens à Tazalit, à 350 km au nord-est de Niamey et tué des militaires nigériens.

"La célérité avec laquelle l'attaque a été exécutée indique que ceux qui sont venus étaient bien informés sur les habitudes, sur le comportement des éléments de garde, sur le comportement des habitants du camp, des habitants de la région, le lieu était repéré à l'avance, l'action a été rapide, il y a eu donc des défaillances", a déclaré le ministre à l'AFP.

Pour Mohamed Bazoum, qui a visité jeudi les lieux, "c'est la preuve qu'il n'y a pas eu de vigilance" de la part "de tout le monde, des soldats, des réfugiés et des habitants" de Tazalit.

Il a expliqué cette absence de "vigilance" notamment par "une routine qui s'est "installée" au sein "de la petite unité en place depuis plus de trois ans".

Trente à quarante hommes "lourdement armés parlant le touareg ont mené cette attaque le 7 octobre vers 14H00 (13H00 GMT) et fait 22 tués parmi les militaires", selon l'armée nigérienne. "Les assaillants sont allés directement vers les trois hangars qui abritent les soldats qui assuraient la sécurité du camp des réfugiés et les ont mitraillés alors qu'ils étaient en train de déjeuner", a indiqué à l'AFP un élu local.

Les assaillants ont ensuite fui vers le Mali, selon les autorités.

Le ministre a visité les trois abris où les militaires ont été tués ainsi que le nouveau dispositif sécuritaire tissé et "renforcé" autour du camp. "(...) Nous sommes debouts et jamais nous ne faillirons à notre devoir de vous protéger", a assuré M. Bazoum devant des habitants de Tazalit, des représentants des réfugiés et des chefs militaires.

Pour prévenir ce genre d'attaque, il a promis "d'associer" autochtones et réfugiés afin qu'ils "fournissent le renseignement nécessaires" aux Forces de défense et de sécurité. Les "modalités" de cette collaboration seront définies ultérieurement.

Le Niger a connu deux autres événements importants en octobre avec l'enlèvement de l'Américain Jeffery Woodke, vendredi dernier, et une attaque repoussée en début de semaine de la prison la mieux gardée du pays où sont détenus des jihadistes.

Malgré des frontières considérées comme poreuses, le Niger, pays parmi les plus pauvres du monde, constitue un îlot de stabilité relative dans une zone en proie aux troubles. Autour de ce pays, Mali, Libye et Nigeria sont tous confrontés à des groupes armés jihadistes.

Avec AFP

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