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Attaque à Hombory, dans le nord du Mali : un douanier et deux civils tués


Des femmes discutent dans le village de Hombori, le 1er février 2007. (REUTERS/Florin Iorganda)

Des femmes discutent dans le village de Hombori, le 1er février 2007. (REUTERS/Florin Iorganda)

De présumés jihadistes ont attaqué, à bord de deux pick-up et équipés d'armes lourdes, un poste de douane à Hombory, tuant un douanier et deux civils, ce jeudi.

Un douanier et deux civils ont été tués jeudi à Hombori, dans le nord du Mali, lors d'une attaque attribuée à de présumés jihadistes, a appris l'AFP de sources douanière et militaire.

"Des jihadistes sont venus tôt ce jeudi à Hombori à bord de deux véhicules pick-up. Ils ont ouvert le feu sur le poste de douane et tué notre collègue Mody Ndiaye qui est arrivé seulement mercredi pour prendre ses fonctions. Deux autres civils ont été tués aussi", a affirmé à l'AFP un responsable de la douane locale.

Selon la même source, les assaillants ont également brûlé un véhicule, avant de saccager "à l'arme lourde" le bâtiment des douanes.

Selon une source militaire malienne contactée sur place, "les terroristes sont venus du nord avec des véhicules. Ils avaient des armes de guerre. Ils ont commencé par tirer en l'air avant d'attaquer la douane".

"Depuis avant-hier, la police a signalé des mouvements suspects dans la ville", a précisé cette source militaire malienne.

L'attaque a créé un vif émoi au sein des habitants de Hombori qui se sont rassemblés jeudi non loin de la douane locale, réclamant davantage de sécurité.

Un civil au chômage a affirmé à l'AFP avoir vu de loin "trois des terroristes descendre d'un véhicule. Ils étaient enturbannés. On ne voyait pas leur visage. Ils ont pris position à terre avant de tirer sur la douane".

Pour un autre habitant, l'Etat doit "renforcer la sécurité" pour protéger les civils de la ville.

L'attaque s'est produite non loin du secteur de Mondoro, plus au sud, aux environs de la frontière avec le Burkina Faso, où trois militaires maliens ont péri mardi dans l'explosion d'un engin improvisé au passage de leur véhicule.

Ces deux attaques coïncident avec la première visite de terrain, entamée lundi dans le nord du pays, du nouveau chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), Mahamat Saleh Annadif.

"Nous connaissons vos difficultés sur le terrain, nous venons les vivre avec vous", a-t-il assuré aux populations, selon un communiqué de la Minusma.

M. Annadif s'est notamment rendu à Kidal, bastion de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA, ex-rébellion), dans le nord-est du pays, où les tensions suscitées par l'arrivée en force dans la ville au début du mois de membres d'un groupe pro-gouvernemental sont retombées depuis la conclusion d'un accord la semaine dernière.

Les deux parties ont "réaffirmé leur engagement à résoudre tout différend entre elles par la voie du dialogue", selon leur communiqué conjoint, ajoutant que "la Plateforme (coalition de groupes pro-gouvernementaux) allègera son dispositif militaire présent à Kidal".

Depuis, "plusieurs dizaines d'homme de la Plateforme, ont quitté Kidal", a indiqué mercredi à l'AFP une source militaire africaine au sein de la Minusma sur place.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda après la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Ces groupes jihadistes ont été dispersés et en grande partie chassés du nord à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin d'un accord de paix entre le gouvernement et l'ex-rébellion.

AFP

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