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Attaque du Radisson : au moins 19 morts et deux assaillants tués selon IBK, trois suspects recherchés


Des personnes se tiennent près de l'hôtel Radisson pris d'assaut à Bamako, Mali, le 20 novembre 2015. (REUTERS/Joe Penney)

Des personnes se tiennent près de l'hôtel Radisson pris d'assaut à Bamako, Mali, le 20 novembre 2015. (REUTERS/Joe Penney)

Le président Keïta doit se rendre sur le site de cet hôtel samedi, au lendemain de l'attaque djihadiste qui a ensanglanté Bamako. L'Etat d'urgence et un deuil national de trois jours ont été décrétés.

Le Mali recherchait activement trois suspects au lendemain de la prise d'otages dans un grand hôtel de Bamako, qui a été revendiquée par le groupe jihadiste de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, en coopération avec Al-Qaïda.

Dans un discours à la Nation diffusé par la télévision publique dans la nuit de vendredi 20 à samedi 21 novembre, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a fait état d'un bilan de 19 morts et de sept blessés, et deux assaillants tués. "Le terrorisme ne passera pas", a-t-il assuré.

Un bilan confirmé samedi par le ministre de la Sécurité intérieure, le colonel Salif Traoré, et son collègue de la Défense, Tièman Hubert Coulibaly, lors d'une conférence de presse commune. Au total, a dit le colonel Traoré, il a été dénombré parmi les morts "18 clients, deux terroristes, un personnel des forces spéciales maliennes", un bilan "définitif" selon lui.

Une source militaire malienne avait fait état auparavant d'au moins 27 morts parmi les quelque 170 résidents et employés de l'hôtel Radisson Blu présents au moment de l'attaque et d'"au moins trois terroristes tués ou qui se sont fait exploser".

"Nous recherchons activement trois suspects qui pourraient être impliqués dans l'attaque vendredi de l'hôtel Radisson", a déclaré samedi à l'AFP une source de sécurité malienne qui participe à l'enquête, refusant cependant de fournir des précisions "pour ne pas gêner" les investigations.

De même source, l'établissement "est actuellement totalement sous contrôle". Un important dispositif de sécurité y demeurait en place, selon des journalistes de l'AFP. Le président Keïta doit se rendre sur le site samedi, selon une source policière malienne.

Parmi les morts, 13 étrangers

Parmi les morts, il y a au moins 13 étrangers de cinq nationalités différentes :

- Six Russes. Ils étaient employés de l'entreprise de fret aérien Volga-Dnepr, a annoncé le ministère russe des Affaires étrangères, et viendraient tous de la région d'Oulianovsk, où se trouve le siège de la compagnie, selon l'agence Interfax, citant les autorités de la région.

- Trois Chinois. L'entreprise publique chinoise China Railway Construction a confirmé la mort de trois de ses cadres qui étaient en visite au Mali pour discuter de projets de coopération avec des gouvernements africains.

- Deux Belges. L'un d'eux, Geoffrey Dieudonné, 39 ans, était haut fonctionnaire au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ont annoncé les autorités belges. L'identité de la deuxième victime n'a pas été divulguée.

- Une Américaine. Le décès d'Anita Ashok Datar a été annoncé par le département d'Etat, sans plus de précisions.

- Un Sénégalais. Il était employé d'une société pétrolière, d'après le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye.

Renforcement de la sécurité

Le gouvernement malien a instauré l'état d'urgence pour 10 jours à compter de vendredi minuit, lors d'un Conseil des ministres extraordinaire présidé par le chef de l'Etat, rentré précipitamment d'un sommet de pays du Sahel au Tchad en raison de l'attaque.

Cette mesure "permettra de renforcer les moyens juridiques des autorités administratives et compétentes" dans la recherche "des terroristes qui seraient en cavale et d'éventuels complices", selon un communiqué officiel.

Un deuil national de trois jours sera observé à partir de lundi.

Après s'être calfeutrés chez eux vendredi, par crainte pour leur sécurité ou sur recommandation de leurs employeurs, de nombreux Bamakois avaient renoué samedi avec leurs activités habituelles : la circulation semblait normale, les commerces avaient rouvert et dans certains quartiers, des jeunes jouaient au football sur des terrains nus...

Un renforcement discret de la sécurité était cependant constaté devant certaines mairies et banques, mais plus important aux environs de certains hôtels, selon des journalistes de l'AFP et des résidents. Cette attaque rappelle la prise d'otages du 7 août dans un hôtel à Sévaré (centre), qui avait fait 13 morts.

Certains anciens otages sont retournés samedi à l'hôtel Radisson pour récupérer des effets personnels. C'est le cas du chanteur guinéen Sékouba Bambino Diabaté, qui a répété devant la presse ne pas avoir vu les assaillants mais les avoir entendus parler anglais entre eux.

Les assaillants étaient "à pied", selon un témoin

Tambakoye Diarra, employé du Radisson, a assuré avoir discuté avec des vigiles blessés selon lesquels les assaillants "ne sont pas venus en voiture, ils étaient à pied", et raconté comment lui-même a aidé les forces maliennes - appuyées par des Français, des Onusiens et des Américains - "à infiltrer l'hôtel" pour en évacuer les otages.

Le 7 mars, le premier attentat anti-occidental meurtrier à Bamako, visant un bar-restaurant, avait coûté la vie à cinq personnes, dont un Français et un Belge. Il avait déjà été revendiqué par Al-Mourabitoune.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, qui se poursuit.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Les attaques jihadistes se sont étendues depuis le début de l'année vers le centre, puis le sud du pays.

Avec AFP

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