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Le Conseil de sécurité réuni en urgence sur l'attaque chimique présumée

  • VOA Afrique

La chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, au centre droit, et le secrétaire-général Antonio Guterres, à sa gauche, lors d'une minute de silence à Bruxelles, le 5 avril 2017.

La communauté internationale s'est engagée mercredi à financer à hauteur de six milliards de dollars l'aide humanitaire fournie en 2017 à la population et aux réfugiés syriens, lors d'une conférence sur l'avenir de la Syrie à Bruxelles.

La conférence a permis de récolter "une promesse collective de six milliards de dollars rien que pour cette année", a précisé le commissaire européen à l'Aide humanitaire, Christos Styliandides, en clôturant la réunion.

"Je suis heureux d'annoncer que l'on a réuni six milliards d'aide pour 2017. Le monde dit au peuple syrien : vous n’êtes pas seul !", a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

Qualifiant ce chiffre d'"impressionnant", M. Stylianides a immédiatement ajouté: "C'est un signe tangible de notre solidarité" mais "il faut désormais aller au-delà des déclarations pour mettre en oeuvre ces promesses".

L'Union européenne, premier donateur au monde pour le conflit syrien, s'engage à mettre sur la table 1,3 milliard de dollars "pour l'année en cours", a-t-il précisé.

L'ONU estime avoir besoin en 2017 de 8,1 milliards de dollars pour financer ses programmes d'aide humanitaire, dont 4,7 milliards pour les réfugiés syriens et les communautés des pays de la région qui les accueillent.

Lors de la précédente conférence de donateurs pour la Syrie, en février 2016 à Londres, les promesses de dons de la communauté internationale, sur plusieurs années, avaient atteint 12 milliards de dollars, dont quelque 6 milliards pour 2016.

"Des crimes de guerre avec des armes chimiques"

Au moment où le président François Hollande exigeait depuis la France des "sanctions" contre le régime syrien, son représentant à l'ONU, l'ambassadeur français François Delattre, dénonçait en entrant dans la salle du Conseil "des crimes de guerre, des crimes de guerre à grande échelle, des crimes de guerre avec des armes chimiques".

Son homologue britannique Matthew Rycroft s'en prenait, lui, à Moscou en estimant qu'un éventuel "veto russe signifierait qu'ils passent plus de temps à défendre l'indéfendable".

La réunion du Conseil de sécurité se tient alors que des médecins tentent de sauver les blessés les plus atteints parmi les plus de 160 personnes soignées après l'attaque de mardi.

Cette dernière a déjà provoqué la mort de 72 civils, dont 20 enfants, selon un nouveau bilan établi mercredi par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ce bilan "pourrait encore augmenter car il y a des personnes disparues", a-t-il précisé.

Ces victimes ont été prises de convulsions alors qu'elles se trouvaient chez elles ou dans la rue lorsque le raid aérien a visé, mardi vers 07H00 (04H00 GMT), Khan Cheikhoun, petite ville de la province rebelle d'Idleb dans le nord-ouest.

Guterres confiant

"Après 7 années de guerre, les Syriens souffrent profondément. La communauté internationale doit augmenter ses efforts humanitaires", a déclaré sur Twitter le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avant le début de la réunion.

Il s'était dit "confiant" que le Conseil de sécurité "prendra ses responsabilités" en adoptant une résolution sur l'attaque chimique présumée en Syrie, que la France et le Royaume-Uni imputent au régime de Bachar al-Assad.

M. Guterres s'exprimait à son arrivée à une conférence sur l'avenir de la Syrie, où les chefs de la diplomatie français et britannique ont réitéré avec force leurs accusations contre le régime syrien, qu'ils tiennent pour responsable de l'attaque qui a fait au moins 72 morts mardi à Khan Cheikhoun (nord-ouest de la Syrie).

"Toutes les preuves que j'ai vues suggèrent que c'était le régime d'Assad (...) utilisant des armes illégales en toute connaissance de cause contre son propre peuple", a déclaré le Britannique Boris Johnson. "C'est la confirmation qu'il s'agit d'un régime barbare qui rend impossible à nos yeux d'imaginer qu'il puisse avoir la moindre autorité en Syrie après la fin du conflit", a-t-il ajouté.

L'opposition syrienne a la première accusé le "régime du criminel Bachar" d'avoir perpétré cette attaque mardi matin avec des "obus" contenant du "gaz toxique".

"Ces évènements horribles montrent malheureusement que des crimes de guerre continuent (d'être commis) en Syrie et que le droit humanitaire international est violé fréquemment", a commenté M. Guterres.

"Personne ne gagne la guerre en Syrie, tout le monde y perd. Il est temps de stopper les horreurs et de soulager les souffrances", a-t-il tweeté.

'Ne pas fermer les yeux'

"Il nous faut une enquête claire pour lever tous les doutes et il faudra rendre des comptes sur cette base", a-t-il réclamé, se disant "confiant que le Conseil de sécurité prendra ses responsabilités".

"J'espère (...) qu'on n'utilisera pas une fois de plus le droit de véto", a ajouté M. Ayrault, alors que Moscou et Pékin ont bloqué en février une résolution imposant des sanctions au régime syrien.

"On ne peut pas fermer les yeux, dire à la fois qu'on respecte les traités internationaux" interdisant l'usage d'armes chimiques "et, lorsqu'on y déroge, faire comme si rien ne s'était passé", a-t-il insisté, recevant le soutien de son homologue allemand Sigmar Gabriel, qui a appelé "la Russie à accepter cette résolution".

La conférence de Bruxelles doit, au-delà des promesses d'aide humanitaire, lancer les travaux préparatoires pour la reconstruction de la Syrie par la communauté internationale en cas d'accord de paix.

Une minute de silence a été observée à l'ouverture des travaux pour "toutes les personnes qui ont perdu la vie pendant six ans de conflit".

"Il a pu y avoir une perception que la situation s'apaisait alors que les lignes du conflit bougent, c'est faux!", a ensuite lancé M. Guterres devant les représentants de 70 pays et organisations internationales.

Ces derniers temps, "des centaines de civils ont été tués ou blessés et des centaines de milliers sont hors d'atteinte pour les agences humanitaires", a-t-il décrit.

Le financement du travail des organisations humanitaires "est tout à fait insuffisant", a par ailleurs souligné le secrétaire général de l'ONU.

L'ONU estime avoir besoin en 2017 de 8,1 milliards de dollars pour financer ses programmes d'aide humanitaire, dont 4,7 milliards pour les réfugiés syriens et les communautés des pays de la région qui les accueillent.

Avec AFP

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