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Attentats de Paris : Salah Abdeslam refuse son extradition vers la France


Les agents de la police belges assurent la sécurité à l’entrée du siège de la police fédérale à Bruxelles, après l’arrestation de Salah Abdeslam, le suspect-clé des attaques de novembre à Paris, 18 mars 2016.

Les agents de la police belges assurent la sécurité à l’entrée du siège de la police fédérale à Bruxelles, après l’arrestation de Salah Abdeslam, le suspect-clé des attaques de novembre à Paris, 18 mars 2016.

Sven Mary, avocat du suspect clé des attentats de Paris, a annoncé que son client arrêté vendredi à Bruxelles, refusera d'être extradé vers la France.

Salah Abdeslam, blessé à la jambe lors de son arrestation, avait été placé "sous mandat d'arrêt", à savoir inculpé et placé en détention provisoire en droit belge.

"Ce que je peux vous dire, c'est qu'il collabore avec la justice belge. Dans une heure, nous serons de retour (devant le juge), dans le cadre du mandat d'arrêt européen, où la France demande son extradition, et d'ores et déjà je peux vous annoncer qu'on refusera son extradition vers la France", a déclaré Me Mary aux journalistes à l'issue d'une audition au siège de la police judiciaire fédérale à Bruxelles.

Sa garde à vue a été prolongée de cinq jours, a indiqué l'avocat à l'issue d'une deuxième audition dans l'après-midi.

Le Français d'origine marocaine de 26 ans a été inculpé samedi après-midi de participation à des assassinats terroristes et de participation aux activités d'un groupe terroriste.

Face au juge, Salah Abdeslam n'a "pas nié être à Paris" le 13 novembre, jour des attentats qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés. "Il collabore et donc répond sur certains points aux questions des juges, ce qui fait évidemment davantage avancer l'enquête", a-t-il détaillé.

Selon l'avocat, il n'a pas seulement "décrit que son propre rôle" dans ces attaques.

Il a expliqué le refus d'être extradé "dans la mesure où il y a encore une enquête belge qui doit être faite".

"Il y a d'abord un dossier en Belgique qui est à gérer et où il doit s'expliquer, et la remise à la France pourra être suspendue en attendant le développement de l'enquête en Belgique", a déclaré Me Mary.

"Il passera mercredi devant la Chambre du conseil (une juridiction belge d'instruction, ndlr) où le mandat d'arrêt belge sera prolongé et l'enquête continuera. En ce qui concerne le mandat d'arrêt européen, puisqu'il y a un refus de remise, il (Salah Abdeslam) devra comparaître dans les quinze jours, à nouveau devant la Chambre du conseil", a-t-il poursuivi.

"Ce n'est pas parce qu'il refuse qu'il ne sera pas remis", avait expliqué samedi à l'AFP l'avocate française Florence Rouas-Elbazis, "mais cela peut entraîner un délai supplémentaire.

Pour décider d'autoriser sa remise à la justice française, les magistrats belges ne devront pas examiner le fond du dossier mais uniquement statuer sur le respect de la procédure en vigueur.

Salah Abdeslam, arrêté vendredi dans la commune bruxelloise de Molenbeek après quatre mois de cavale, est "alité" car il a été "blessé par balle à la jambe", a précisé Me Mary, l'un des ténors du barreau de Bruxelles choisi vendredi par la famille de Salah Abdeslam pour le défendre.

Avec AFP

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